Quelles sont les agences d'État que Marine Le Pen propose de supprimer ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 08/10/2026
Marine Le Pen
abacapress
© Lafargue Raphael/ABACA
Le Rassemblement national cible frontalement les opérateurs publics dans son projet financier alternatif en prévoyant de supprimer plusieurs institutions clés et des dizaines de milliers de postes.

Le Rassemblement national passe à l'offensive budgétaire et cible les démembrements de l'administration. Lors de la présentation de son contre-budget, Marine Le Pen a affiché la volonté de restructurer en profondeur l'appareil d'État en coupant drastiquement dans les structures publiques jugées superflues.

Une offensive ciblée contre les opérateurs publics et les agences sanitaires

Marine Le Pen et le Rassemblement national défendent un contre-budget pluriannuel qui promet 140 milliards d'euros d'économies cumulées d'ici 2032. La cheffe de file du parti entend sabrer dans les structures étatiques décentralisées, qualifiées de "quasi-totalité des agences et autres organismes parasites."

Plusieurs entités emblématiques figurent directement sur la liste des disparitions programmées. Le document cible l'Ademe (Agence de la transition écologique), régulièrement attaquée pour ses subventions, ainsi que l'Anah (Agence nationale de l'habitat), qui pilote les aides aux travaux comme MaPrimeRénov'.

L'Agence nationale de la recherche (ANR), principal bras financier de la recherche scientifique française, subit le même sort. Les agences régionales de santé (ARS) se trouvent également vouées à la disparition, le mouvement souhaitant réintégrer le pilotage du système de soins sous l'autorité directe de l'État central et des préfectures.

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Le document détaille par ailleurs une réorganisation fiscale majeure. Le parti prévoit la fusion du réseau des Urssaf avec la Direction générale des finances publiques (DGFiP), en anticipant un gain de 1,72 milliard d'euros à l'horizon 2031.

Des coupes massives confrontées aux réalités budgétaires et humaines

Le projet financier repose sur une montée en charge rapide des réductions de dépenses. Les députés lepénistes tablent sur 3,4 milliards d'euros d'économies dès 2027, avant de viser un montant supérieur à 10 milliards d'euros par an sur l'ensemble des agences d'État. Ce virage implique le non-renouvellement de 85 000 postes dans ces structures d'ici 2032, ce qui représente une diminution de 17 % de leurs effectifs globaux.

Ces projections se heurtent toutefois aux constats des spécialistes institutionnels. La commission d'enquête du Sénat sur les agences de l'État a chiffré les économies réalistes entre 500 et 540 millions d'euros à missions constantes. Comme le soulignait la sénatrice Christine Lavarde : "Tous ceux qui annoncent des milliards d'euros en parlant des agences mentent un peu aux Français. Ce n'est pas la coquille qui fait le coût de l'action publique, ce sont les actions." Supprimer l'enveloppe administrative n'efface pas la dépense des aides distribuées, sauf à abandonner les politiques publiques elles-mêmes.

Cette cure d'austérité soulève de vives interrogations pour le quotidien des usagers. L'arrêt ou le transfert précipité de l'Anah menace de bloquer l'instruction des primes à la rénovation thermique pour les ménages modestes. La fin des ARS crée une incertitude sur la régulation des urgences hospitalières et la réponse aux alertes sanitaires locales. Enfin, marier de force le recouvrement des cotisations sociales et le prélèvement de l'impôt expose les entreprises et les retraités à des dysfonctionnements techniques prolongés.

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