Projet de parc à thème saoudien à 6 milliards : l'accord des ayants droit japonais n'est pas acquis !

Publié par Matthieu Chauvin
le 27/08/2026
Emmanuel Macron MBS
abacapress
© Xinhua/ABACA
Officialisé en grande pompe par l'exécutif, le projet de parc d'attractions "Dragon Ball" dans le Val-d'Oise se heurte à l'absence de droits d'exploitation validés par les éditeurs japonais.

L'annonce d'un complexe touristique géant a immédiatement suscité un engouement massif chez les amateurs de mangas et les observateurs économiques. Présenté fin août 2026, ce chantier d'envergure promet de réveiller un site francilien laissé à l'abandon depuis plusieurs décennies. Les coulisses juridiques révèlent toutefois un décalage marquant entre l'offensive de communication politique et la réalité des contrats signés.

Une annonce spectaculaire rattrapée par l'absence de licence officielle

Le 24 août 2026, Emmanuel Macron et Valérie Pécresse ont officialisé la signature d'un protocole bilatéral pour un investissement de 6 milliards d'euros. Financé par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF, le projet vise à métamorphoser l'ancienne friche de Mirapolis à Courdimanche, fermée depuis 1991. L'Élysée a salué une "annonce hors normes" et "du jamais vu depuis Disneyland Paris", mettant en avant la promesse de 22 000 emplois directs et la création de 3 parcs à thème.

La franchise culte "Dragonball" créée par Akira Toriyama constituait la vitrine majeure de cette présentation. Dès le 25 août 2026, une enquête publiée par Le Monde a pourtant révélé qu'aucune licence d'exploitation n'a été accordée pour le territoire français par les propriétaires de la marque.

Cette précipitation expose le dossier à un risque diplomatique et contractuel direct. Selon les informations du quotidien Le Monde, "Cette communication quelque peu prématurée pourrait être perçue par les différents partenaires comme une mise devant le fait accompli et nuire aux chances de Qiddiya Investment Company, qui avait précédemment obtenu un accord pour développer un projet de parc Dragon Ball en Arabie saoudite, d'obtenir une licence pour le projet français."

Propriété intellectuelle, diplomatie économique et défis d'aménagement

Au Japon, la gestion des droits obéit à une rigueur contractuelle inflexible. La propriété intellectuelle de la saga est partagée entre Shueisha, Toei Animation, Bird Studio et Capsule Corporation Tokyo. L'accord obtenu par les investisseurs saoudiens pour bâtir un parc sur leur propre sol n'entraîne aucune extension automatique vers l'Europe.

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Ce montage s'inscrit dans la stratégie gouvernementale "Choose France", destinée à capter des capitaux internationaux massifs, pendant que Riyad accélère la diversification de son économie via le divertissement global. L'empressement politique à afficher des retombées économiques spectaculaires a devancé le calendrier des négociations privées.

Sur le terrain, les contraintes techniques demeurent nombreuses d'ici l'horizon 2032. L'aménagement du site du Val-d'Oise impose de lourdes études environnementales et soulève des craintes d'engorgement sur les infrastructures existantes, notamment la ligne du RER A. Les élus locaux et les riverains de l'agglomération de Cergy-Pontoise attendent désormais la tenue des enquêtes publiques réglementaires avant toute validation définitive des travaux.

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