Pourquoi les araignées envahissent-elles nos maisons en septembre ?
Une silhouette sombre qui détale sur le parquet ou une créature aux longues pattes immobilisée dans le lavabo : la rentrée s'accompagne souvent de frissons arachnéens. Alors qu'environ un Français sur quatre éprouve une réelle appréhension face aux araignées, ce phénomène périodique suscite des questions légitimes.
Le sursaut de septembre : pourquoi le froid extérieur n'y est pour rien
Dès la fin de l'été, la réapparition des grandes tégénaires saute aux yeux le long des plinthes ou au fond des sanitaires. Le corps d'une tégénaire mesure généralement entre 10 et 15 mm chez le mâle, mais son envergure totale atteint facilement 5 à 10 cm pattes déployées, ce qui décuple la surprise visuelle.
Une croyance populaire tenace attribue systématiquement cette irruption au coup de froid automnal. Beaucoup imaginent que ces animaux fuient le jardin pour trouver refuge auprès de nos radiateurs.
La réalité biologique contredit cette idée reçue. Ces arachnides étaient déjà installés dans votre habitation depuis des mois. Dissimulées dans les fissures, les combles ou les caves, elles ne débarquent pas soudainement de la pelouse.
La quête amoureuse : ce qui pousse les tégénaires à sortir de l'ombre
Cette agitation soudaine s'explique par la maturité sexuelle synchronisée des tégénaires, désignées sous le nom de Eratigena atrica. La fin de la belle saison marque l'apogée de leur cycle biologique d'adulte.
La Ligue pour la protection des oiseaux le confirme dans ses observations : "en automne, les tégénaires entrent dans nos habitations car c'est la pleine saison de reproduction de l'espèce. Les mâles en maraude cherchent une femelle pour s'accoupler." Christine Rollard, aranéologue au Muséum national d'histoire naturelle, résume l'événement avec humour : "Il s'agit d'un Roméo à la recherche de sa Juliette." Tandis que les femelles restent immobiles sur leur toile, les mâles s'aventurent hors de leurs cachettes.
Ce manège nocturne donne l'impression trompeuse d'un envahissement massif. La population globale n'augmente pourtant pas. Christine Rollard le rappelle : "Quand on interroge les gens, on se rend compte qu'ils en voient rarement plus de deux/trois !"
Le piège des lavabos relève d'un simple accident mécanique. Guidées par la recherche d'eau ou égarées durant leur patrouille nocturne, elles glissent sur l'émail et ne parviennent plus à remonter ces parois trop glissantes.
Alliées du foyer : comment capturer et déplacer une araignée en douceur
Véritables régulatrices écologiques, les tégénaires constituent de précieux insecticides naturels à domicile. Elles éliminent jour après jour les moustiques, les mouches et les poissons d'argent sans le moindre produit chimique.
Les araignées métropolitaines ne piquent pas et ne mordent pas durant le sommeil. Incapables de percer la peau pour se nourrir de sang, elles évitent les contacts. Les traces suspectes au réveil proviennent en réalité d'acariens, de puces ou de punaises de lit.
Pour déplacer un individu sans le blesser, appliquez la méthode du verre :
- posez un verre transparent au-dessus de l'araignée ;
- glissez une feuille cartonnée rigide sous l'ouverture ;
- retournez délicatement l'ensemble en maintenant le carton.
Relâchez toujours le spécimen dans un garage, une grange ou un cellier plutôt que dehors. Déposer une tégénaire de maison sur une pelouse humide équivaut à la condamner. Offrez-lui un coin abrité où elle poursuivra sa mission de nettoyage.
Sources : Le Parisien, Biodiversitefrance.com, aujardin.com
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