Un nouveau marie visé par une plainte après son refus de marier un homme sous OQTF

Publié par Matthieu Chauvin
le 13/06/2026
Robert Ménard
Capture vidéo
© Capture vidéo CNews
Rebondissement judiciaire à Béziers : Robert Ménard fait l'objet d'une plainte pour diffamation déposée ce 12 juin 2026 après des déclarations controversées sur le passé d'un homme sous OQTF qu'il refuse de marier. Il était déjà visé par la justice pour ce dernier motif.

Le maire de Béziers se retrouve une nouvelle fois au centre de l'actualité judiciaire. La récente plainte déposée à son encontre ravive la polémique autour de l'union des personnes en situation irrégulière. Cet événement soulève de vives interrogations sur la limite des pouvoirs d'un élu local face aux directives de l'État.

Une plainte pour diffamation déposée après un lapsus télévisé

Lors de ses interventions télévisées le 11 juin 2026 sur le plateau de CNews, Robert Ménard a tenu des propos qui l'exposent aujourd'hui à des poursuites pénales. Pour justifier sa décision initiale de 2023, le maire a déclaré : "Moi, je refuse de marier un type qui est en situation illégale, qui a une OQTF et qui a été condamné à de la prison pour des viols en réunion.  C'est moi le coupable dans cette histoire-là ? On marche sur la tête." Dès le lendemain, le ressortissant algérien visé par ces affirmations a officiellement déposé plainte pour diffamation publique.

Selon l'avocate du jeune homme, Me Vanessa Edberg, la réalité du dossier pénal diffère grandement. Elle précise que son client a effectivement écopé de huit mois de prison avec sursis pour vol avec violence et escroquerie. Cependant, son casier judiciaire ne mentionne strictement aucune infraction à caractère sexuel. L'avocate dénonce une atteinte grave à la réputation de son client, soulignant une image publiquement dégradée auprès de millions de téléspectateurs, selon les informations rapportées par l'AFP. 

Robert Ménard reconnaît que sa "langue a fourché"

Face à cette procédure et au tollé médiatique, Robert Ménard a rapidement admis une erreur factuelle. Contacté par l'AFP, l'élu affirme s'être trompé dans ses déclarations en direct : "J'ai dit 10 fois, 20 fois dans les médias qu’il avait été condamné pour vol avec violences en réunion. Et là, ma langue a fourché." Il ajoute être navré de cet écart. Ce lapsus médiatique pose la question de son impact sur la crédibilité de la défense du maire, bien que l'erreur reconnue ne suffise pas nécessairement à stopper l'action en diffamation engagée contre lui.

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Un bras de fer judiciaire prolongé autour du droit au mariage

Ce nouvel incident s'inscrit dans un conflit juridique complexe entamé en juillet 2023. À cette époque, Robert Ménard avait catégoriquement refusé de célébrer l'union d'un ressortissant algérien de 23 ans et de sa compagne française à la mairie de Béziers. L'édile suspectait fortement une tentative de mariage blanc destinée à contourner l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) pesant sur le futur époux. Pourtant, le procureur de la République de Béziers avait formellement validé cette union, considérant l'absence totale d'indices sérieux remettant en cause le consentement mutuel des futurs époux. 

L'homme sous OQTF avait pourtant été expulsé

Le jeune homme concerné a finalement été expulsé du territoire français quelques semaines plus tard, mais le volet judiciaire visant l'élu a suivi son cours. En droit français, le mariage constitue une liberté fondamentale, rigoureusement protégée par la Convention européenne des droits de l'Homme. Conformément à l'article 175-2 du Code civil, seul le procureur de la République détient l'autorité légale pour s'opposer à une célébration, et non l'officier d'état civil. 

En bravant cette règle et en s'obstinant dans son refus, Robert Ménard se voit reprocher une infraction précise. Il est poursuivi en vertu de l'article 432-1 du Code pénal, un texte qui sanctionne les mesures prises par une personne dépositaire de l'autorité publique destinées à faire échec à l'exécution de la loi. Refusant toute compromission, le maire héraultais a rejeté une procédure de plaider-coupable proposée en février 2025, qualifiant publiquement la loi actuelle d'ubuesque. 

Il devra par conséquent comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier lors d'une audience fixée au 30 septembre 2026. Pour ces délits d'entrave, la justice prévoit des peines maximales pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, 75 000 euros d'amende, accompagnées d'une éventuelle peine d'inéligibilité. L'issue de ce procès très attendu déterminera la marge de manœuvre dont disposent réellement les mairies face aux injonctions judiciaires concernant le statut des étrangers, une jurisprudence étant espérée par beaucoup d'autres édiles.

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