Retraites : Gabriel Attal veut renverser la table en 2027

Publié par Matthieu Chauvin
le 04/05/2026
Gabriel Attal
Autre
À un an de l'élection présidentielle, Gabriel Attal passe à l'offensive. L'ancien Premier ministre propose de supprimer l'âge légal de départ en retraite et de réécrire intégralement le Code du travail.

L'ancien Premier ministre a choisi de frapper fort lors de la fête du Travail. En dévoilant son projet politique dans un long entretien accordé au journal Le Figaro le 1er mai 2026, il esquisse une vision résolument libérale. Cette offensive médiatique vise à installer son programme dans le débat public, à l'aube de la future course à l'Élysée. Cette stratégie politique assumée s'adresse directement aux classes moyennes et aux travailleurs.

Une rupture assumée avec le modèle social actuel

L'événement marque un changement de doctrine marquant. Gabriel Attal expose un plan d'action centré sur l'activité professionnelle, déclarant selon Le Figaro : "Je me bats pour le droit au travail et la liberté de travailler. C’est ma philosophie et je veux en faire un enjeu majeur de l’élection présidentielle." La mesure phare de ce dispositif bouleverse notre système de pensions. L'ancien chef du gouvernement annonce la suppression pure et simple de la notion d'âge légal de départ, actuellement fixé à 64 ans par la très contestée réforme de 2023. Demain, le mécanisme de retraite reposerait uniquement sur la durée de cotisation accumulée au fil des années.

Cette dérégulation s'étend également au temps de présence en entreprise. Afin de relancer le pouvoir d'achat par l'effort, il exprime la volonté ferme de supprimer le plafond annuel des 220 heures supplémentaires. Cette barrière administrative sauterait pour permettre aux Français d'augmenter librement leur rémunération, selon le principe du travailler davantage pour gagner plus. Ce bouleversement permettrait aux salariés volontaires d'arrondir leurs fins de mois sans subir de contraintes bureaucratiques.

L'introduction de la capitalisation et un Code du travail simplifié

La fin du totem de l'âge de départ s'accompagne d'une redéfinition du calcul des pensions. Toujours dans les colonnes du Figaro, Gabriel Attal estime que "Le sujet de l'âge légal du départ à la retraite ne sert plus à rien." Il désire orienter le pays vers un système instaurant de vraies décotes et de vraies surcotes. 

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Pour consolider la répartition, il suggère l'ajout d'une part de capitalisation, s'inspirant des modèles en vigueur au Royaume-Uni, en Suède et au Canada. Dans les faits, l'État verserait 1 000 euros à chaque enfant né sur le territoire national, sur un compte bloqué. Cette dotation représenterait une dépense estimée à 660 millions d'euros par an.

Le droit social subit une refonte d'une ampleur inédite. Le candidat pressenti nourrit l'ambition de repartir de zéro pour rédiger un nouveau texte fondamental. Cette Constitution du travail se limiterait à édicter quelques grands principes protecteurs. La grande majorité des règles applicables aux salariés serait désormais négociée directement via des accords d'entreprise.

Les conséquences directes sur la fin de carrière et le salaire

Pour les actifs actuels, cette flexibilité transforme radicalement l'approche des dernières années de profession. La liberté totale de choisir sa date de départ implique une responsabilité financière majeure. L'ancien locataire de Matignon expliquait dès novembre 2025 sur LCP : "Chacun sera libre de choisir le moment où il part. On ne fixe qu'une condition, un montant de pension minimal à atteindre." Cette fermeté s'opposait d'ailleurs frontalement aux tentatives de suspension de la réforme des retraites discutées à l'Assemblée nationale.

Le salaire à la fin du mois pourrait augmenter grâce à l'explosion du volume des heures supplémentaires. Gabriel Attal justifie ce choix dérégulateur dans Le Figaro en assénant un constat sans appel : "On travaille 110 heures de moins que les autres pays européens, ce n’est pas tenable." La fin du verrou légal faciliterait le dépassement large des 35 heures, sans lourdeur administrative pour les patrons. Face à ce choc, les organisations syndicales montent au créneau. Elles alertent sur le risque imminent d'une précarisation des employés et dénoncent l'exposition dangereuse de l'épargne-retraite aux soubresauts des marchés financiers internationaux.

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