Retour du service militaire en Allemagne, et en France ?

Publié par Stéphane Leduc
le 29/06/2026
Un groupe de jeunes recrues issues de la diversité, vêtues d'uniformes de service légers et modernes
New Planet Media
Photo d'illustration
Face à une menace russe persistante et à l'échec des campagnes de recrutement volontaire, l'Allemagne pose un ultimatum pour le retour de la conscription obligatoire dès 2027.

Alors que Berlin s'apprête à trancher sur l'avenir de son armée, la France a déjà amorcé sa propre mutation avec un nouveau dispositif volontaire inédit. Cette dynamique européenne soulève de nombreuses interrogations chez les familles concernant l'éventuel engagement militaire de leurs enfants à court et moyen terme.

L'Allemagne face au mur de la conscription d'ici 2027

La mise en place d'un recensement numérique en 2025 outre-Rhin n'a pas porté ses fruits. Les chiffres du premier semestre 2026 s'affichent décevants selon Berlin, avec seulement 530 jeunes engagés sur 300 000 sollicités, rapporte l'AFP. Face à ce constat d'échec du volontariat, Thomas Röwekamp, président de la commission défense au Bundestag, a lancé un avertissement ferme le 27 juin 2026. "J'ai toujours de sérieux doutes quant à notre capacité à parvenir aux objectifs sur la seule base du volontariat", a-t-il souligné auprès de l'AFP.

Le responsable politique se montre catégorique sur la suite des événements. "Si nous ne parvenons pas à ces objectifs par le volontariat, nous devrons revenir à la conscription obligatoire", a-t-il insisté, précisant que la décision définitive "devra être prise d'ici le 31 juillet de l'année prochaine", relaye le portail financier Boursorama. Sous la pression du chancelier Friedrich Merz, le pays vise 260 000 militaires d'active et 200 000 réservistes d'ici 2035. Cette ambition répond directement aux exigences de l'OTAN face à la "menace russe croissante", indique le média d'information Watson.

Pourquoi le modèle actuel ne suffit plus

Depuis 2025, un mécanisme directement inspiré du modèle suédois impose un questionnaire détaillé aux jeunes hommes allemands dès leurs 18 ans. Ce système cherchait à cibler les profils motivés, évitant ainsi de contraindre toute une génération. Toutefois, la logistique administrative et matérielle ne suit pas la cadence imposée par le gouvernement.

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Malgré une solde très attractive fixée à 2 600 euros net par mois pour les nouvelles recrues, le manque d'infrastructures de casernement et le déficit chronique d'encadrement freinent lourdement le développement capacitaire de la Bundeswehr. Le débat politique s'étend également à la question sensible de la parité hommes-femmes. Actuellement, la Loi fondamentale allemande limite la conscription stricte aux seuls citoyens masculins. Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, s'est dit prêt à modifier la Constitution pour garantir l'égalité des sexes devant ce devoir national, indique le site spécialisé Euractiv.

La France suivra-t-elle le même chemin ?

De ce côté du Rhin, le gouvernement a opté pour la fin du SNU civil au profit d'un "service national des volontaires" strictement militaire, officiellement lancé à l'été 2026. Ce dispositif de 10 mois, comprenant un mois de formation initiale et neuf mois en unité d'affectation, offre une solde mensuelle de 800 euros, précise une note de la Chaire Grands enjeux stratégiques de l'université Paris 1. L'armée française table sur 3 000 volontaires dès 2026, visant le seuil des 50 000 recrues par an à l'horizon 2035.

Un engagement forcé reste totalement exclu pour le moment. Emmanuel Macron a affirmé qu'un tel retour n'est pas "une option réaliste", arguant que l'Hexagone "n'a plus la base, plus la logistique" pour encadrer 800 000 jeunes par an depuis la vaste professionnalisation des troupes, note le média Brut. Les familles doivent néanmoins rester très attentives au recensement citoyen à 16 ans, point de passage incontournable. Bien que la loi du 28 octobre 1997 ait suspendu l'appel sous les drapeaux, le texte prévoit toujours qu'il peut être rétabli par le Parlement en cas de menace imminente. Ce nouveau service militaire volontaire constitue désormais la voie privilégiée pour valider une "expérience de défense", un atout particulièrement valorisable dans un parcours étudiant ou professionnel exigeant.

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