La nomination au gouvernement d'Emmanuelle Cosse, patronne d'EELV, de Jean-Vincent Placé et de Barbara Pompili a porté un coup dur au parti pourtant critique à l'égard de François Hollande.
AFP

Un cadeau empoisonné. C’est ainsi que les cadres d’EELV ont reçu la nouvelle de l’entrée au gouvernement de leur patronne, Emmanuelle Cosse, ainsi que de deux anciens du parti, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili.

"Je pense que tu fais la connerie de ta vie, a même envoyé à l’adresse d’Emmanuelle Cosse, David Cormand, numéro 2 d’EELV. La seule chose que je te demande, c'est d'annoncer ton départ d'EELV en même temps." Ce que l’intéressée a fait dans la foulée.

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La patronne d’EELV et deux présidents de groupe écologiste, la prise est belle pour François Hollande, surtout qu’aucun des nouveaux arrivants n’entrera dans le ministère de l’Ecologie, qui reste à Ségolène Royal. "Hollande a une conception cynique de la politique. Il devrait diriger la France mais s'occupe d'un palais florentin", a dénoncé auprès du JDD David Cormand, désormais secrétaire ­national par intérim après le départ d'Emmanuelle Cosse.

"On ne s’en relèvera pas", lance un cadre du parti

En attendant, le parti est plus que jamais "en état de mort clinique", selon les mots de Jean-Vincent Placé juste avant son départ du mouvement. En plus des départs de Placé, de Rugy, Pompili, et maintenant Cosse, et auparavant de Cohn-Bendit ou encore Mamère, le parti doit faire face à une importante dette financière. "Nous sommes criblés de dettes, on ne s'en relèvera pas. Il faut euthanasier EELV pour apurer les comptes et créer quelque chose de nouveau", a même déclaré un cadre du parti dans le quotidien dominical.

Dans l’Express, le 30 septembre 2015, David Cormand s’interrogeait déjà sur les départs d’EELV qu’il imputait à une stratégie cachée de François Hollande. "On nous refait le coup de François Mitterrand en 1992", s’agaçait-il, faisant référence à l’ancien président socialiste qui avait poussé à l’émergence d’un parti écolo-centriste, Génération écologie, pour affaiblir Les Verts avant les élections régionales de 1992.

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