Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau charge Laurent Wauquiez qu'il accuse de "trahison"

Publié par Matthieu Chauvin
le 07/07/2026
Bruno retailleau
Capture vidéo
© Capture vidéo BFM TV/RMC
La droite française traverse une zone de fortes turbulences ce mardi 7 juillet 2026 après que Bruno Retailleau, candidat officiel LR, a dénoncé la "trahison" de Laurent Wauquiez en faveur d'Édouard Philippe.

La campagne présidentielle s'annonce particulièrement houleuse au sein du grand parti conservateur français. Alors que les états-majors préparent activement l'échéance électorale, les déclarations inattendues de certaines figures politiques rebattent violemment les cartes des alliances stratégiques. Une situation explosive qui menace l'unité de la formation à quelques mois du scrutin national.

Le coup de sang de Bruno Retailleau sur BFM TV/RMC

La polémique a subitement éclaté à la suite d'une interview accordée par Laurent Wauquiez au quotidien Le Figaro le 2 juillet 2026. Dans cet entretien, l'ancien ministre expliquait que l'ex-locataire de Matignon, Édouard Philippe, pouvait "incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France." Cette prise de position publique inattendue a immédiatement provoqué la vive réaction du candidat officiellement investi par Les Républicains pour la course à l'Élysée.

Invité sur la matinale commune de BFM TV/RMC le 7 juillet, Bruno Retailleau a marqué une rupture de ton inédite. Le sénateur de Vendée n'a pas mâché ses mots face aux journalistes, fustigeant publiquement ce qu'il perçoit comme une "petite trahison." Volontairement offensif, le représentant de la droite traditionnelle a cherché à minimiser le poids politique réel de son ancien collaborateur.

Une disgrâce en direct et sans ménagement

Pour balayer d'un revers de main de nombreuses années d'entente apparente, Bruno Retailleau a lancé en direct que son "second" à la tête des Républicains "n’a jamais été un bras droit, une aide pour moi, ni un soutien d’ailleurs." Cette charge verbale démontre une volonté assumée de marginaliser son opposant au sein de l'appareil dirigeant. Déjà, le lendemain de l'interview de Laurent Wauquiez, il avait lancé dans La Provence : "Je ne souhaite pas assez de mal à Édouard Philippe pour vouloir que Laurent Wauquiez le soutienne. Il n’a pas mérité cela" certains lui prédisant le prochain prix de l'humour en politique.

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Devant Apolline de Malherbe, il a poursuivi son opération de dénigrement : "L’élection présidentielle ce n’est pas une promenade de santé. Vous avez le droit chaque matin à votre bol d’huile de foie de morue et aux petites trahisons", faisant référence à Laurent Wauquiez puis a rappelé les contradictions de ce dernier : "Il y a un an, il n’avait pas de mot assez dur sur Édouard Philippe et d’ailleurs il trouvait que j’avais été trop 'macronisé' quand j’avais été ministre de l’Intérieur."

Wauquiez : la débâcle électorale de 2025 en travers de la gorge

Les racines de cette âpre discorde remontent directement à la violente bataille pour la présidence du parti survenue en mai 2025. C'est à cette date charnière que les deux figures politiques ont définitivement cessé de dissimuler leurs ambitions divergentes. À l'époque, Laurent Wauquiez n'avait récolté qu'un peu plus de 25 % des voix, contre près de 75 % pour Bruno Retailleau.

Aujourd'hui, l'enjeu stratégique autour de ce potentiel "recours" centriste bouleverse la dynamique de la campagne en cours. Le soutien de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe est perçu par l'entourage du candidat comme une véritable opération de sabotage interne. L'élu régional parie ostensiblement sur une alliance avec le centre-droit, estimant que la ligne farouchement conservatrice actuelle mène le mouvement vers une impasse électorale.

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