Depuis sa candidature à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy impose à ces deux concurrents ses règles du jeu sans que cela ne soit contesté par personne au sein de l'UMP.
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Henri Guaino a beau dire que c’est "une mauvaise idée", Nicolas Sarkozy est plus déterminé que jamais à prendre la tête de l’UMP. Et pour cause, le candidat favori des militants (75% des sympathisants le plébiscitent) en vient même jusqu’à fixer les règles du jeu.

Un jeu plutôt simple consistant à réduire ses adversaires à de simples concurrents de forme car, in fine, seule sa candidature compte. Depuis son fracassant retour en politique, Bruno Le Maire et Hervé Mariton sont obligés de composer, bon gré mal gré, avec les aspirations et l’agenda de l’ex-chef de l’État.

Le tempo de la campagne

Force est de constater que le traitement médiatique de la campagne de Nicolas Sarkozy est largement disproportionné comparé aux candidatures de ses deux concurrents. Cette puissance médiatique lui permet d’imposer son timing et contraint ses concurrents à s’adapter à ses règles.

Hervé Mariton organise depuis le mois d’août un meeting à Tours prévu pour le 16 septembre ? Il est contraint d’annuler. L’État-Major sarkozyste l’invite chaudement à reporter cette réunion car Nicolas Sarkozy a prévu de s’y exprimer la veille. S’il n’y a pas de place pour deux, c’est forcément son concurrent qui devra faire des ratures dans son agenda. Hervé Mariton a eu beau se plaindre. En vain.

Lire aussi : Financement Libyen de la campagne de Sarkozy : du nouveau sur le document publié par Mediapart

Le débat télévisé

Ils sont deux sur trois à vouloir un débat télévisé qui opposerait les candidats à la présidence de l’UMP. Et bien non. Nicolas Sarkozy est contre et a donc balayé d’un revers cette proposition au motif que cette élection "n'a pas vocation à se dérouler devant tous les Français" selon Frédéric Péchenard.

Encore une fois, la toute-puissance de l’aura Sarkozy impose le terrain sur lequel se déroulera le match. Et tant pis si François Fillon et Jean-François Copé s’étaient prêtés à l’exercice en 2012. Nicolas Sarkozy a dit non : c’est non.

"Le patron est là"

Si Nicolas Sarkozy parvient sans forcer à imposer ses conditions, c’est parce que pour beaucoup de cadres du parti, le patron, c’est lui. "Le patron est là" a déclaré jeudi soir Nadine Morano en marge de son premier meeting à Lambersart. Car oui, c’est bien en position de leader qu’il revient."Il y aura des primaires ! (…) A-t-on oublié mon tempérament?" a indiqué jeudi soir Nicolas Sarkozy comme pour signifier que la tenue de cette compétition dépendait, en grande partie, de son bon-vouloir.

À ce propos, il a pris soin de ne pas préciser comment cette primaire serait organisée (ouverte ? transparente ? élargie au centre ?). Signe s’il en est pour certains, que Nicolas Sarkozy tentera de s’imposer en 2017 sans passer par une élection interne (comme le suspectent beaucoup de juppéistes). Dans ce cas, et encore une fois, il aura réussi à imposer ses règles du jeu.

En vidéo sur le même thème - Arnaud Robinet : Nicolas Sarkozy "doit être en cohérence avec ses propos" de 2012

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