Pour cet ex-Premier ministre, tous les candidats à la présidentielle sont des "menteurs"

Publié par Matthieu Chauvin
le 16/07/2026
Dominique de Villepin
Autre
Lors d’une conférence de presse ce 16 juillet 2026, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a fustigé les promesses de stabilité fiscale pour 2027, plaidant pour une réforme de l'ISF face à l'urgence du déficit public.

L'état des finances de la nation s'impose prématurément dans la course à l'Élysée. Alors que les données récentes de l'Insee dessinent une trajectoire budgétaire dégradée pour la fin de l'année 2026, le débat sur les prélèvements obligatoires refait surface avec force. L'ex-chef Premier ministre jette un regard critique sur le dogme gouvernemental de la baisse continue des taxes. Cette intervention fracassante bouscule déjà les stratégies des principaux partis politiques, à quelques mois du lancement officiel des campagnes.

Le  "pavé dans la mare" de Dominique de Villepin sur la fiscalité

Lors de son intervention publique organisée à Paris devant les membre de son parti, La France Humaniste, et les médias, Dominique de Villepin a dressé un tableau sombre de la conjoncture nationale. Il a affirmé que l'état des finances publiques françaises interdit de maintenir la politique de l'offre actuelle sans procéder à un ajustement fiscal d'envergure. L'ampleur du trou budgétaire dépasse les simples projections théoriques et menace la crédibilité financière du pays sur les marchés européens.

Cette analyse se traduit par une attaque frontale contre la classe politique. L'ancien locataire de Matignon a visé les futurs prétendants à l'élection présidentielle de 2027. Selon ses propos retranscrits par Le Figaro, garantir l'invariabilité des prélèvements obligatoires relève d'une posture électorale trompeuse

Il a asséné sans détour : "Tout le monde souhaiterait pouvoir dire ’’nous n'augmenterons pas les impôts.’ Tous ceux qui seront élus les augmenteront, c'est aussi simple que ça. Donc il y a des menteurs, et puis il y a des gens qui essaient d'anticiper la vérité." Il reproche aux personnalités politiques de droite comme de la majorité actuelle de masquer cette vérité aux électeurs par pur calcul. Pour l'homme d'État, la réalité des chiffres s'imposera au prochain locataire de l'Élysée. Il juge ce niveau de déficit insoutenable pour les générations futures.

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Entre réforme de l’ISF et réalisme économique

Face à ce mur financier, l'ancien ministre propose des solutions ciblées. Plutôt que de préconiser une hausse généralisée de la TVA ou d'alourdir l'impôt sur le revenu des classes moyennes, il prône une refonte complète de la fiscalité du patrimoine. Son projet principal réside dans le rétablissement d'une version modernisée de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), un impôt transformé en IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) depuis 2018. Cette contribution exceptionnelle viserait les patrimoines les plus importants pour épargner le reste de la population face à l'inflation persistante.

Il privilégie la mise en place d'une "contribution des plus aisés" demandée aux foyers les plus riches, proportionnée au poids de la dette. "Nous avons besoin d'un impôt qui conduise les plus aisés à donner des exemples." Pour Dominique de Villepin, c'est à "eux de faire la part la plus importante de l'effort", rapportent nos confrères. Mais il se démarque de "l'irresponsabilité" de la gauche pour qui "la seule solution, c'est d'aller tondre les riches."

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