Famille Le Pen : leur jardinier sans-papiers expulsé du territoire !
Travaillant dans l'ombre depuis près d'une décennie, cet employé de nationalité marocaine cristallisait malgré lui un antagonisme idéologique majeur. Le soutien inattendu de la veuve du fondateur du Front National face aux autorités de l'État illustre les failles d'une doctrine politique strictement axée sur la fermeté migratoire et la priorité nationale.
Une expulsion médiatisée malgré la mobilisation de Jany Le Pen
Hatim B., ressortissant marocain âgé de 32 ans, a fait l'objet d'une reconduite à la frontière le jeudi 23 avril 2026. Sous escorte policière, le trentenaire a quitté le centre de rétention administrative (CRA) de Nanterre pour embarquer dans un vol commercial à destination de son pays d'origine à la mi-journée, rapporte le quotidien Libération. Cette décision préfectorale met un terme définitif à sa présence illégale sur le sol français.
La veille de ce départ contraint, le mercredi 22 avril, Jany Le Pen, âgée de 93 ans, s'est personnellement déplacée au centre de rétention. Elle y a rencontré son employé durant une quarantaine de minutes pour lui témoigner son affection et son appui moral. Espérant suspendre cette procédure d'éloignement imminente, la veuve de Jean-Marie Le Pen a immédiatement mandaté un avocat. Elle dénonçait une sanction brutale à l'encontre d'un homme qu'elle qualifiait de personne "honnête et travailleur."
Neuf années de clandestinité au sein du domaine de Montretout
Arrivé sur le territoire national en 2017, Hatim B. opérait officieusement en tant que jardinier et homme de maison pour le couple Le Pen, dans leur célèbre résidence de Saint-Cloud. Selon les données communiquées par la préfecture et relayées par Le Parisien, l'individu n'a jamais détenu le moindre titre de séjour valable durant ses neuf ans de résidence en France. L'emploi prolongé d'un travailleur étranger non déclaré pose question, d'autant que le programme historique de cette famille érige la lutte contre l'immigration illégale en pilier absolu.
Face à cette situation irrégulière, Alexandre Brugère, préfet des Hauts-de-Seine, a fermement maintenu l'ordre d'éloignement. L'ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin applique une ligne assumée et "offensive face à l'immigration clandestine", souligne le magazine Valeurs Actuelles. Le représentant de l'État a refusé la moindre dérogation ou indulgence, balayant le poids symbolique et politique des employeurs concernés.
Un paradoxe idéologique qui embarrasse le Rassemblement National
Afin de désamorcer toute polémique médiatique, le Rassemblement National a rapidement dressé un mur autour de cette affaire compromettante. L'entourage précise dans les colonnes du Parisien que la famille reste "étrangère à cette affaire", affirmant que Hatim B. dépendait exclusivement de Jany Le Pen, et nullement de son défunt mari décédé en janvier 2025. Sur l'antenne de BFM TV, des proches tentent de minimiser les faits : "Ce n'est pas son jardinier à proprement parler, mais un jeune homme charmant et efficace [...] Personne ne se doutait de sa situation administrative."
L'idéologie nationaliste se heurte frontalement au pragmatisme domestique. Jany Le Pen a elle-même balayé le débat idéologique pour justifier son embauche auprès de Libération, évoquant la situation d'un "pauvre garçon qui passait par là et qui cherchait du travail". Dans le département francilien, les mesures d'éloignement ont bondi de 50 % en une seule année, précise la préfecture des Hauts-de-Seine.
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