Emmanuel Macron s'attaque à nouveau au numérique et propose une "journée mensuelle sans connexion"
Le président de la République s'est exprimé depuis l'Aisne pour dévoiler ce nouveau volet de sa politique de jeunesse. Le ministère de l'Éducation nationale prépare déjà les modalités d'application de cette mesure choc, qui suscite de nombreuses réactions chez les parents d'élèves. L'ambition gouvernementale s'inscrit dans la droite ligne des récents textes législatifs visant à protéger les mineurs des dérives d'Internet.
Un cap présidentiel vers la sobriété numérique des moins de 18 ans
Le chef de l'État souhaite instaurer une journée nationale mensuelle sans aucune connexion internet pour l'ensemble des citoyens de moins de 18 ans. Cette annonce inédite, formulée le 16 avril 2026 depuis la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts, lie très précisément la maîtrise de notre vocabulaire à la diminution drastique du temps d'écran. En sanctuarisant ce moment de coupure totale, l'Élysée affiche sa volonté de libérer un temps de cerveau disponible pour la pratique sportive, la découverte littéraire et les interactions sociales directes.
Le ministère de l'Éducation nationale collabore actuellement avec divers acteurs de la jeunesse pour définir le cadre légal de cette obligation. Ce grand chantier institutionnel doit aboutir très vite pour garantir un déploiement effectif dans tous les établissements de l'Hexagone dès la rentrée de septembre 2026.
Les raisons sanitaires et éducatives de cette pause numérique
L'exécutif justifie cette décision par le succès fulgurant de l'interdiction des téléphones portables au sein des collèges, définitivement généralisée en 2025. Testée dans 200 établissements pilotes un an plus tôt, cette expérimentation a rapidement fait chuter les faits de harcèlement scolaire tout en relançant l'activité physique durant les récréations. Le gouvernement s'appuie surtout sur l'alarmant rapport de la commission d'experts remis en 2024. Leurs travaux documentent les dégâts du numérique et rappellent que les jeunes passent en moyenne plus de 4 heures par jour devant un écran, hors temps scolaire.
Le corps médical dénonce une hausse de la sédentarité, un isolement social préoccupant et un impact négatif sur le développement cognitif. Pour Emmanuel Macron, il faut combattre un modèle économique toxique. "Il nous faut reconquérir ce temps volé par les algorithmes, ce temps qui manque à la lecture, au sport et à l'amitié véritable", a martelé le président lors de son allocution relayée par l'AFP. Par cette contrainte, l'État offre un appui réglementaire aux familles pour restreindre l'emprise des plateformes, s'inscrivant dans le sillage de la loi du 7 juillet 2023 fixant la majorité numérique à 15 ans.
Le bouleversement du quotidien familial face à la déconnexion
La mise en œuvre de cette journée mensuelle exigera une coordination inédite entre les enseignants et les parents. Les collèges, lycées et centres de loisirs devront repenser leurs plannings pour proposer des alternatives stimulantes. Tournois sportifs, clubs de lecture ou ateliers de débats rythmeront ces heures déconnectées. À la maison, la gestion de cette coupure reposera sur les responsables légaux. Les ministères concernés prévoient une campagne nationale pour démocratiser les outils de contrôle parental, permettant de suspendre techniquement l'accès aux réseaux sociaux ou aux jeux en ligne.
Pour éviter l'ennui des adolescents face à cette déconnexion forcée, le Pass Culture bénéficiera d'une dotation supplémentaire orientée vers les loisirs hors ligne. Les jeunes seront fortement incités à fréquenter les cinémas, les musées ou les théâtres locaux. Avec cette nouvelle routine, le corps enseignant espère regagner l'attention des élèves en classe. Les spécialistes de l'enfance misent enfin sur une baisse significative des cas de dépression liés à l'exposition numérique, au profit d'une vraie reconnexion entre les membres du foyer.
Mais comme pour toute ces initiatives, tel le Digital Services Act (DSA) qui entre en vigueur au niveau de l'UE, il est légitime de se poser la question de savoir comment le gouvernement fera pour faire appliquer cette mesure s'il compte uniquement sur le bon vouloirs des parents ou l'incapacité de jeunes biberonnés au numérique de contourner les garde-fous...
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