Élection présidentielle 2027 : qui détient le record de candidatures sous la Ve République ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 05/05/2026
Palais de l'élysée
Istock
L'annonce officielle d'une nouvelle candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027 replace la question de la longévité politique, mais aussi de l'âge au cœur du débat, à un an de l'échéance.

Le 3 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon a officialisé sur le plateau de TF1 sa décision de briguer une nouvelle fois la présidence de la République lors du scrutin de 2027. Cette annonce projette le leader de La France insoumise dans le cercle très restreint des personnalités politiques ayant concouru à au moins quatre reprises sous la Ve République. Mais quelles sont les conditions pour se présenter et y'a-t-il une limite dans le nombre les candidatures ?

Les critères d'éligibilité : qui peut réellement briguer l'Élysée ?

Avant même de solliciter des soutiens extérieurs, chaque prétendant doit satisfaire à des exigences légales précises. La loi organique n° 62-1292 du 6 novembre 1962, texte de référence qui organise l'élection présidentielle au suffrage universel, pose les fondations du droit d'éligibilité. Le candidat doit impérativement posséder la nationalité française, être inscrit sur les listes électorales et jouir de la totalité de ses droits civils et politiques.

L'âge légal a d'ailleurs évolué au fil du temps. Depuis une loi organique de 2011, il suffit désormais d'avoir 18 ans révolus pour entrer dans l'arène électorale, contre 23 ans par le passé. En complément, l'aspirant chef de l'État doit avoir rempli ses obligations envers le Code du service national. Il est aussi formellement interdit de se présenter si l'on est placé sous un régime de protection juridique tel que la tutelle ou la curatelle.

Le "double verrou" : parrainages et transparence financière

L'obstacle majeur pour accéder à l'élection reste la collecte des fameuses signatures. L'aspirant doit rassembler les présentations d'au moins 500 élus. Sur le papier, le vivier est large puisque la France compte environ 42 000 élus habilités à parrainer, comme les maires ou les parlementaires. Toutefois, réunir ces parrainages s'avère particulièrement ardu pour un simple citoyen privé de l'appui d'un parti politique.

Vous avez aimé cet article ?

La règle impose également une stricte diversité géographique : les formulaires, qui sont rendus publics, doivent provenir de 30 départements ou territoires d'outre-mer différents, avec un plafond fixé à 10 % maximum de signataires issus d'un même département.

Par ailleurs, les candidats sont soumis à une obligation de probité rigoureuse. Selon la loi organique de 2017 pour la confiance dans la vie politique, ils doivent remettre au Conseil constitutionnel une déclaration exhaustive de situation patrimoniale et une déclaration d'intérêts. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vérifie ces données et les rend publiques pour éclairer le choix des électeurs. Un mensonge sur ces documents expose le fraudeur à des poursuites pénales et à une invalidation de sa démarche électorale.

Quant au nombre de fois où un candidat peut se présenter à une élection présidentielle, il est illimité, tant qu'il remplit les conditions mentionnées. En revanche, il n'est pas permis de cumuler plus de deux mandats consécutifs. Voici, d'après nos confrères 20 Minutes, les homme et femmes politiques, qui on été les plus assidus à candidater à la présidentielle sous la Ve République, à retrouver dans notre diaporama ci-dessous.

 

 

Arlette Laguiller, la recordwoman absolue avec 6 candidatures

1/5
Arlette Laguiller
AFP
© GABRIEL BOUYS/AFP

L’ancienne porte-parole de Lutte ouvrière détient le record historique sous la Ve République avec des participations ininterrompues de 1974 à 2007. En 1974, elle marque l'histoire en devenant la toute première femme à se présenter à l'élection présidentielle française.

Son meilleur score a été atteint lors du scrutin de 2002, où elle a recueilli 5,72 % des suffrages exprimés. Sa longévité exceptionnelle a permis d'assurer une visibilité médiatique constante au courant trotskiste pendant plus de trente ans.

Jean-Marie Le Pen, 5 tentatives pour ancrer son camp

2/5
Jean-Marie Le Pen
AFP

Le fondateur du Front national a sollicité les suffrages des Français à cinq reprises, manquant uniquement l'élection de 1981 faute de parrainages. Il signe son coup d'éclat historique en 2002 en accédant au second tour face à Jacques Chirac avec 16,86 % des voix au premier. Il sera ensuite laminé (82,21 % contre 17,79 %).

Ses candidatures répétées ont permis la professionnalisation de son parti et l'installation de son courant idéologique au premier plan national. Il s'est éteint en 2025, laissant derrière lui une empreinte indélébile sur la stratégie des figures politiques en quête d'ancrage.

Jean-Luc Mélenchon, une quatrième candidature officielle pour 2027

3/5
Jean-Luc Mélenchon
AFP

Après ses campagnes de 2012, 2017 et 2022, le leader insoumis a confirmé sa volonté de repartir pour un quatrième assaut en 2027. Il a connu une progression constante dans les urnes, frôlant les 22 % des voix en 2022 et échouant de peu aux portes du second tour.

Sa stratégie repose sur la notion de vote utile et sur une équipe déjà fortement structurée autour de son programme. Avec ce nouveau défi, il rejoint le club fermé des leaders ayant porté leur mouvement sur quatre échéances majeures.

François Mitterrand, l’obstination victorieuse après 4 campagnes

4/5
François Mitterrand
Autre

Le premier président socialiste de la Ve République a été candidat à quatre reprises, essuyant des défaites face à Charles de Gaulle puis Valéry Giscard d'Estaing. Il a dû attendre de longues années avant de remporter l'Élysée en 1981.

Sa quatrième candidature en 1988 marquait sa volonté de réélection au terme d'une cohabitation inédite. Il reste l'exemple type du candidat ayant su transformer ses échecs initiaux en une stature incontournable de rassembleur.

Jacques Chirac, quatre candidatures pour deux mandats

5/5
Jacques Chirac
abacapress

Jacques Chirac a concouru lors des élections de 1981, 1988, 1995 et 2002, vivant des échecs successifs avant la consécration. Éliminé au premier tour puis battu au second, il accède finalement à la présidence en 1995 lors de sa troisième tentative.

Sa dernière candidature se solde par une réélection massive suite à un duel inattendu face à Jean-Marie Le Pen. Sa carrière illustre parfaitement la résilience nécessaire pour s'imposer durablement au sommet de l'État.

Vous avez aimé cet article ?

Google News Voir les commentaires