Commission sur l'audiovisuel public : Charles Alloncle éreinté par la gauche
La commission d'enquête sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public achève ses travaux dans un climat de haute tension. Après quatre mois d'investigation intensive, le document final suscite une levée de boucliers sans précédent au sein de l'hémicycle. L'avenir du paysage médiatique français, de la télévision à la radio, dépend intégralement des décisions actées aujourd'hui.
Un vote couperet à l'Assemblée : le destin du rapport Alloncle en jeu
Les députés membres de la commission se réunissent depuis 14h30 à huis clos pour valider, ou non, la publication officielle du document. Habituellement perçue comme une simple formalité administrative au Palais Bourbon, cette ultime étape se transforme en véritable épreuve de force. L'approbation des 30 membres de la Commisson s'annonce très compromise selon les informations recueillies par le quotidien Le Parisien (Gabriel Attal a annoncé ce matin sur CNews que ceux de son groupe s'abstiendraient de voter).
Si le vote s'avère négatif, le rapport rédigé par Charles Alloncle, riche de 300 pages, restera définitivement secret. Plus grave encore pour la transparence démocratique, ce rejet entraînerait un effacement total des archives parlementaires. Les 63 auditions menées ces derniers mois, représentant plus de 150 heures de débats publics, disparaîtraient purement et simplement du site internet de l'Assemblée nationale (NDLR : nous venons d'apprendre qu'un premier vote garantit que les vidéos resteront visibles mais pas les retranscriptions écrites...).
Décryptage d'une guerre de tranchées : fuites, "fake news" et réformes chocs
Le climat s'est fortement détérioré à la suite de révélations anticipées parues dans la presse nationale. Au micro de RMC, Charles Alloncle dénonce vigoureusement des "manœuvres grossières" et pointe du doigt la diffusion de fausses informations (suppression de la retransmission de pusieurs évènements sportifs : Tour de France, Tournois des six nations...) visant à discréditer l'ensemble de son travail. Ce alors que la révélation du contenu du rapport avant publication, si elle est actée, est strictement illégale. Le député martèle fermement : "Je ne me soumettrai pas à ce chantage qui consiste à supprimer des pans entiers" de l'étude.
Le texte comprend près de 80 mesures qualifiées de radicales par ses nombreux détracteurs. Il propose notamment la demande de suppression définitive de la chaîne France 4 et de la station de radio Mouv'. Le rapport préconise aussi des rapprochements éditoriaux majeurs, exigeant la fusion de France 2 avec France 5, ainsi que le regroupement de France 24 avec franceinfo.
Une autre mesure phare suggère un retour aux anciennes méthodes de gouvernance. Le président de la République retrouverait le pouvoir direct de nommer les hauts dirigeants de France Télévisions et de Radio France, un système abandonné depuis plusieurs années. Il s'agit de faire des économies, l'audiovisuel public coûtant 4 milliards d'euros par an aux Français.
Un choc frontal avec la gauche : vers une remise en cause du service public ?
La coalition de gauche forme un barrage uni contre ces recommandations. Les représentants de La France insoumise, des Écologistes et du Parti socialiste fustigent ce qu'ils nomment un pamphlet idéologique. Le député Aurélien Saintoul (LFI) assène qu'"il ne s’agit tout simplement pas d’un rapport parlementaire", qualifiant le travail de "partiel et malveillant".
La députée socialiste Ayda Hadizadeh évoque, dans les colonnes du magazine The Media Leader, un "tissu de mensonges, d’approximations et de diffamations." Le Parti socialiste réclame d'ailleurs la séparation officielle du vote de publication et de celui portant sur l'approbation des recommandations.
Sur le plan strictement budgétaire, le rapport cible 1 milliard d'euros d'économies annuelles, soit exactement un quart de l'enveloppe actuelle de 4 milliards, précise le journal Libération. Charles Alloncle souhaite réaffecter cette manne financière au désendettement national ou à la préservation du patrimoine français.
Le volet déontologique inquiète vivement les syndicats de journalistes. L'auteur prône un devoir de réserve considérablement renforcé et une neutralité stricte imposée à l'antenne. Ses opposants y voient une tentative directe de mise sous tutelle gouvernementale, menaçant l'indépendance de l'information publique. Il faut savoir que les journalistes de France Télévisions perçoivent des rémunérations exceptionnelles pour la profession, et qu'il ne s'agit que d'une partie de la gabegie dénoncée par Charles Alloncle.
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