Affaire Rachida Dati–GDF Suez : le siège du groupe énergétique perquisitionné

Publié par Sarah Martin
le 17/04/2026
Rachida Dati
abacapress
© Abdullah Firas/ABACA
Selon Complément d'enquête, des policiers ont perquisitionné jeudi les locaux de GDF Suez, devenu Engie. Rachida Dati est soupçonnée d’avoir été rémunérée en 2010 et 2011, via un cabinet d’avocats, pour défendre les intérêts du secteur gazier au Parlement européen.

Le 16 avril 2026, les locaux d'Engie, situés à Courbevoie, ont reçu la visite des enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Cette opération d'envergure a été confirmée par le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert. 

Selon un communiqué officiel du Parquet national financier (PNF), l'action s'inscrit dans une information judiciaire ouverte le 14 octobre 2025. La justice saisit actuellement des documents comptables internes et divers contrats d'entreprise. Les magistrats cherchent avant tout à vérifier la matérialité des prestations prétendument fournies par Rachida Dati au géant de l'énergie entre les années 2010 et 2011.

Les 299 000 euros au cœur de la tourmente judiciaire

Les soupçons se concentrent sur une somme précise de 299 000 euros. Selon les informations rapportées par Libération, le groupe GDF Suez (ancien nom d'Engie) aurait effectué deux virements distincts de 149 500 euros, en juillet 2010 puis en février 2011, vers un cabinet d'avocats. Cet intermédiaire aurait ensuite transféré les fonds à l'ancienne Garde des Sceaux sous la mention comptable "Dati honoraires GDF Suez"

À cette période, l'élue cumulait son mandat de députée européenne avec son métier d'avocate. Le Parquet craint que ces montants dissimulent des opérations de lobbying régulier au sein du Parlement européen, une pratique strictement prohibée par les institutions. Face à ces éléments matériels, l'information judiciaire retient de lourds chefs d'accusation. Le procureur précise que le dossier vise des faits de "corruption active et passive", de "trafic d'influence auprès d'une organisation internationale publique", de "détournement de fonds publics", complétés par des poursuites pour "recel et blanchiment".

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Des ramifications internationales : l'ombre de l'Azerbaïdjan et du Qatar

Les investigations ont démarré initialement après une alerte de la cellule de renseignement Tracfin. Le signalement pointait des mouvements financiers douteux et des relations d'intérêts potentielles impliquant les gouvernements de l'Azerbaïdjan et du Qatar, précise le quotidien Sud Ouest

Les magistrats épluchent désormais le parcours de la parlementaire à Bruxelles. Ils cherchent à déterminer si ses votes et ses prises de position officielles sur les enjeux gaziers ont subi l'influence directe de ces paiements ou de ses connexions diplomatiques. La ministre dément catégoriquement ces allégations. Ses conseils, maîtres Olivier Baratelli et Olivier Pardo, ont réagi vigoureusement auprès de l'AFP : "Madame Dati a donné toutes ses explications et n’a jamais été l’avocate de GDF Suez". La défense dénonce une campagne calomnieuse.

Un agenda judiciaire de plus en plus chargé

L'intervention chez Engie assombrit l'horizon légal de la femme politique. Ce nouveau volet s'ajoute à une situation judiciaire déjà très complexe. Indépendamment de ces récentes saisies, Rachida Dati affrontera le tribunal correctionnel de Paris du 16 au 28 septembre 2026. Elle y répondra des délits de "corruption passive" et de "trafic d'influence" dans la tentaculaire affaire Renault-Nissan, qui porte sur 900 000 euros d'honoraires perçus

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