Affaire Patrick Bruel : la ministre Aurore Bergé prend la défense du chanteur

Publié par Matthieu Chauvin
le 21/05/2026
Aurore Bergé
abacapress
© Blondet Eliot/ABACA
Interrogée ce jeudi 21 mai 2026 sur RTL, Aurore Bergé s'est exprimée sur la polémique entourant Patrick Bruel, visé par une dizaine de plaintes pour violences sexuelles. Alors que la pression politique monte pour faire annuler sa tournée prévue en juin, la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes refuse de céder au boycott, invoquant les principes fondamentaux de l'État de droit.

L'étau se resserre autour de l'interprète de "Casser la voix". Depuis plusieurs semaines, les révélations s'enchaînent, plaçant le chanteur au cœur d'un dossier judiciaire et médiatique sans précédent.

"Une décision qui lui appartient" : le refus d'une injonction politique

Invitée de la matinale, Aurore Bergé a clarifié la position gouvernementale face aux nombreuses demandes de déprogrammation de l'artiste. Pour la ministre, le maintien des spectacles relève d'un choix privé et non d'une affaire d'État.

"C'est une décision qui lui appartient, à lui, et qui ne m'appartient pas, à moi, ni à vous. C'est lui qui doit décider s'il souhaite continuer à être sur scène", a-t-elle confié sur l'antenne de RTL. Elle souligne au passage le danger d'une justice expéditive dictée par l'opinion publique ou les élus locaux. Mais dit "comprendre l'émoi de celles et ceux qui considèrent que ce serait inapproprié, qui n'ont pas envie de s'y rendre." Elle appelle les Français à utiliser leur “liberté individuelle d'y aller ou pas" comme le relate Voici.

La présomption d'innocence comme rempart face à la "pression de la rue"

La représentante du gouvernement insiste sur le fait qu'aucune condamnation n'a été prononcée. Elle tente de concilier le respect dû aux plaignantes et les principes judiciaires. "Si j'appelle solennellement Patrick Bruel à annuler ces concerts, vous imaginez bien l'interprétation immédiate qui en sera faite : il n'y a plus de présomption d'innocence", a-t-elle expliqué à la radio.

"Ça s'appelle l'État de droit et c'est l'exigence qui est la nôtre", ajoute-t-elle. Toutefois, la ministre a précisé qu'elle n'assisterait pas aux représentations, estimant que "cela deviendrait un signal politique qui serait interprété par certains si je m'y rendais".

Un front de maires réclame le retrait de l'artiste

Sur le terrain politique local, le discours diffère radicalement. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a publiquement demandé au chanteur de "mettre entre parenthèses sa carrière" pour la "sérénité de sa défense", comme nous vous le rapportions.

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Ce mouvement gagne du terrain à l'échelle nationale, puisque les édiles de Marseille, Nancy, Brest et Saint-Etienne ont rejoint cet appel. À l'international, l'agence Gestev a déjà acté l'annulation de trois dates prévues au Québec, invoquant un contexte défavorable à la promotion.

Une tournée anniversaire sous haute tension judiciaire

Patrick Bruel doit lancer la tournée des 35 ans de l'album "Alors regarde" le 16 juin 2026. Le calendrier s'annonce complexe alors que l'artiste fait face à une dizaine de procédures.

Ces accusations impliquent notamment l'animatrice Flavie Flament. Cette dernière a évoqué un "black-out total" après avoir bu un thé au domicile de l'artiste en 1991, un témoignage relayé par Mediapart qui a fortement marqué l'opinion.

De son côté, le chanteur nie fermement les faits. Son avocat, Me Christophe Ingrain, a affirmé dans Libération que son client n'avait "jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel." Patrick Bruel s'est en outre publiquement exprimé sur sa relation ancienne avec l'ex-femme de Benjamin Castladi.

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