Une chroniqueuse traite Sophia Aram d'islamophobe et démissionne de France Inter

Publié par Julien Pinardi
le 30/03/2026
Sophia Aram
abacapress
© Shootpix/ABACA
L'humoriste Julie Conti vient d'officialiser son départ fracassant de France Inter, actant la fin d'une guerre ouverte avec Sophia Aram qui a profondément fracturé la station publique.

Le climat explosif qui régnait dans les couloirs de la Maison de la Radio a finalement eu raison de sa place à l'antenne. Après des semaines de turbulences médiatiques et d'échanges par presse interposée, le point de non-retour est atteint entre les deux figures de l'humour du service public.

Une démission sous haute tension

Le 30 mars 2026, Julie Conti a choisi le format direct et intime de son compte Instagram pour court-circuiter la communication de Radio France et annoncer la fin de sa collaboration avec la station. Dans cette vidéo, l'humoriste dénonce un climat d'autocensure et affirme ne plus se sentir en sécurité au sein de la rédaction. Déçue par sa direction, l'humoriste justifie ce départ précipité en expliquant ne plus se sentir soutenue dans son travail. "J’ai besoin de me sentir bien entourée", confie-t-elle, comme le rapporte Ozap.

La chronique du 12 mars 2026

Tout s'est accéléré quelques semaines plus tôt dans le studio de La Bande Originale. Ce jour-là, alors qu'elle évoque la journée de lutte contre l'islamophobie face à Nagui, la chroniqueuse lâche une phrase qui va mettre le feu aux poudres.

Elle cible alors directement sa collègue de la matinale : "J’avais peur de ne pas être légitime pour traiter ce sujet parce que je ne suis ni musulmane, ni islamophobe. Du coup, pour avoir une vraie expertise sur le thème, j’ai écrit cette chronique avec Yacine, mon pote humoriste musulman. J’aurais bien aussi voulu avoir l’avis d’un humoriste islamophobe mais Sophia Aram  ne passe que lundi sur Inter" a-t-elle lancé à l'antenne devant un Nagui rieur, rapporte Le Figaro.

La contre-attaque de Sophia Aram et le rôle de Nagui

La riposte ne se fait pas attendre. Le 18 mars 2026, Sophia Aram publie une tribune incendiaire dans Le Point. Elle rappelle la dangerosité d'une telle étiquette : "L’humoriste Julie Conti m’a publiquement accusée d’être “islamophobe”, et ce, avec tes plus vifs encouragements. Une accusation grave, qui aurait mérité d’être argumentée, d’autant que, tu le sais, depuis Charlie, Paty et Bernard, cette accusation a déjà fait couler beaucoup de sang. Un rappel pénible, mais nécessaire, dans la mesure où je ne peux distinguer, dans les accusations de la chroniqueuse de ton émission – ni dans la jubilation qu’elles ont provoquée chez toi –, ce qui relève de la fausse naïveté ou de la haine assumée à mon égard."

Elle s'adresse particulièrement à Nagui, rappelant sa douleur face au comportement d'un producteur qu'elle connaît depuis plus de vingt ans. "En revanche, je sais que tu mesures parfaitement ce que cela fait d’être mis en cause par des collègues. Je le sais pour avoir discuté avec toi de l’humiliation que tu disais avoir ressenti lorsque la bande de Charline avait ironisé sur ta fortune dans une chanson commise à l’antenne par bon nombre de tes collègues. Aucun doute n’est donc permis sur ta responsabilité, ni sur ton adhésion consciente et joyeuse à des accusations aux conséquences potentiellement bien plus graves que les moqueries dont tu te plaignais."

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Sous pression, l'animateur finit par se désolidariser de sa chroniqueuse. "Je ne cautionne pas cette vanne et ne veux planter aucune cible dans le dos", déclare-t-il auprès d'Ozap.

Un climat toxique et la fracture des humoristes

Cette guerre fratricide révèle une séparation profonde au sein de la Maison de la Radio. Sophia Aram fustige une véritable meute et un harcèlement récurrent entre collègues. De son côté, la démissionnaire assume son animosité et compare sa rivale à son "Voldemort" personnel dans une vidéo postée sur Instagram, actant l'impossibilité d'une quelconque cohabitation. Cette crise interne laisse aujourd'hui l'équipe de production divisée et écorne sérieusement l'image de France Inter.

"Il y a deux semaines, j’ai fait une chronique sur l’islamophobie (...) et cette chronique a fait un tollé. Alors non, pas au début, comme toutes mes chroniques, elle a fait quatre vues, ça ça va j’ai l’habitude. Mais il y a une blague, une blagounette en particulier qui n’a pas plu à la personne concernée. Blague que moi j’adore et je crois que je ne suis pas la seule" faisant référence aux rires de Nagui. Elle ne cite ni la "blague", ni le nom de la personne visée "pour ne pas remettre une pièce dans la machine" mais en soulignant "c’est un peu mon Voldemort à moi" précise Le Figaro.

"La seule chose que je dirais, c’est quand tu aimes jeter de la merde en l’air, faut pas t’étonner si elle te retombe sur la gueule. La personne concernée s’est fendue d’une lettre ouverte qui ne m’était pas destinée. (...) Mais j’étais citée dans cette lettre ouverte et ça m’a valu un petit shitstorm." Ambiance...

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