Un humoriste qualifie sa neuroatypie de "super-pouvoir"

Publié par Julien Pinardi
le 27/04/2026
Paul de Saint Sernin
Capture vidéo
© Capture vidéo/France 2
Dimanche 26 avril 2026, l'humoriste Paul de Saint Sernin s'est livré dans une émission du service public sur son haut potentiel intellectuel et son autisme, dévoilant comment ces spécificités ont forgé son personnage de télévision.

Habitué à décocher ses flèches depuis le public de l'émission de Léa Salamé, le nouveau trublion du service public a cette fois choisi l'intimité du programme de Frédéric Lopez "Un dimanche à la campagne" pour se raconter. Derrière l'assurance affichée tous les samedis soirs se cache un parcours marqué par la différence neurologique, qu'il a dû apprendre à dompter.

Un diagnostic à 11 ans : "J'étais un adolescent chétif et ancien bègue"

Avant d'être une figure reconnue du petit écran, le jeune homme a traversé une enfance marquée par un fort sentiment de décalage. Cette période de doutes s'est éclaircie lorsqu'un double diagnostic est posé : un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) associé à un trouble du spectre de l'autisme.

Cette réalité neurologique s'accompagnait d'une vulnérabilité prononcée. "Mes parents te diraient que jeune j’étais très très sensible je pleurais pour rien", confiait-il au micro du podcast Les Lueurs. Un portrait bien éloigné de l'image imperturbable qu'il renvoie aujourd'hui.

L'absence de filtres : la logique brute comme arme de dérision

Son fonctionnement cérébral particulier implique parfois une incompréhension des conventions sociales tacites. "Il m’a manqué plein de codes sociaux que j’ai appris par mimétisme." Cette spécificité se traduit par une franchise désarmante, un trait de caractère souvent inattendu dans l'univers télévisuel.

"Je vais être par exemple très très logique et dire les choses que je pense sans trop de filtre... et en fait ça se dit pas mec tu peux pas dire cette chose-là à ce moment-là", analyse-t-il, toujours pour Les Lueurs. Cette apparente anomalie comportementale s'est finalement muée en une capacité d'observation aiguisée de ses interlocuteurs.

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Le mimétisme social : apprendre à "jouer l'humain" pour s'intégrer

Pour évoluer en société, l'humoriste a dû appréhender les relations humaines comme une langue étrangère. Élevé dans une famille stricte où il vouvoie encore ses parents, il s'est appuyé sur son statut d'aîné d'une fratrie de six enfants pour analyser les dynamiques de groupe. "Il y a toujours eu à la maison du bruit, de l’ambiance tout en prenant soin des uns des autres. Mes parents m’ont appris à faire des connexions que je n’avais pas naturellement. J’ai appris en voyant les autres faire et en faisant pareil, mais il y a des trucs que je n’ai pas forcement de manière innée, malheureusement."

Le "sniper" de Quelle époque ! : quand la neuroatypie devient un atout

Aujourd'hui, son HPI lui offre une vivacité d'esprit qui alimente sa répartie fulgurante sur France 2. Ses interventions sont mesurées pour ne pas blesser. « Je suis un faiseur d’ambiance. Pour autant, je ne ris jamais de quelqu’un. Je réussis une blague si la cible y rigole », détaille-t-il dans les colonnes de TV Magazine.

A Frédéric Lopez, il déclare : "Le métier d’humoriste c’est un super-pourvoir. Maintenant je peux dire la vérité comme je l’ai toujours fait parce que je ne sais pas faire autrement. Et je peux le dire et on va me remercier de le dire. Le job que j’ai à la télé avec Léa Salamé, il est un peu fait sur mesure. Sans s’en rendre compte, on m’a filé un beau cadeau."

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