Quand Jack Lang s'insurge de devoir faire la queue au cinéma !

Publié par Julien Pinardi
le 26/03/2026
Jack Lang
abacapress
© Blondet Eliot/ABACA
Ce dimanche, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang a provoqué la stupeur dans un cinéma parisien en refusant catégoriquement de patienter dans la file d'attente.

L'incident fait jaser le tout-Paris. Fragilisé par de récentes secousses judiciaires et son départ précipité de l'Institut du Monde Arabe (IMA), la figure historique du mitterrandisme attire de nouveau les regards. Un simple dimanche après-midi s'est transformé en véritable scène de théâtre, illustrant une fracture inattendue avec le public.

Un dimanche après-midi électrique au MK2 Bastille

Le 22 mars 2026, l'ambiance bascule brusquement au cinéma MK2 Bastille. Venus assister à la séance de 16h40 du film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli, Jack Lang et sa compagne Monique Buczynski exigent d'entrer directement. Bien qu'ils aient acheté leurs billets une heure auparavant, le personnel leur demande de patienter avec le reste du public. Une consigne inacceptable pour l'ancien dirigeant, qui s'emporte devant des spectateurs médusés. "Mais nous avons acheté nos places il y a une heure !" , lance-t-il, avant de lâcher, selon Le Canard enchaîné : "Après tout ce que j'ai fait pour la culture, le cinéma !"

Le rappel des états de service comme bouclier social

À 86 ans, le père de la Fête de la musique brandit son héritage politique comme un passe-droit absolu. Cet épisode traduit la difficulté de l'homme d'État à renoncer au confort de son ancien statut. L'ironie frappe les esprits : celui qui a milité toute sa vie pour la démocratisation et l'accès de tous à l'art supporte mal d'être logé à la même enseigne que les autres citoyens. Une posture en total décalage avec des usagers qui rejettent fermement ce genre de privilèges.

Un coup de sang dans l'ombre des dossiers judiciaires

Cette perte de sang-froid survient dans un climat particulièrement lourd. En février 2026, l'ancien ministre a dû quitter la présidence de l'IMA après l'apparition de son nom dans les tristement célèbres documents de l'affaire Jeffrey Epstein. En parallèle, le Parquet National Financier a ouvert une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" visant l'ex-dirigeant et sa fille Caroline. Des perquisitions ont même frappé son domicile et son bureau. Face à l'AFP, l'homme politique tente de rassurer : "C'est une bonne chose que la justice s'empare d'un dossier qui est vide, vide, vide."

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La fin de l'intouchabilité pour l'icône du mitterrandisme

L'image de l'enchanteur s'effrite un peu plus chaque jour. Son confortable salaire à l'IMA, évalué à environ 9 250 euros bruts par mois par la Cour des comptes, cumulé aux lourds soupçons judiciaires, ternit son blason. Emmanuel Macron a d'ailleurs acté sa démission avec froideur, marquant une nette prise de distance. Ce scandale au MK2 résonne ainsi comme le symbole crépusculaire d'une époque révolue, celle d'une élite habituée aux passe-droits, désormais rattrapée par l'exigence d'exemplarité.

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