Mort de Guesch Patti, rendue célèbre par son tube sulfureux "Etienne"

Publié par Julien Pinardi
le 22/06/2026
Guesch Patti Etienne
Autre
© Comotion Musique, EMI
La chanteuse et danseuse Guesch Patti est décédée ce lundi 22 juin 2026 à l'âge de 80 ans. Elle avait été rendue célèbre par son tube "Etienne" qui avait fait scandale en 1987 mais rencontré un énorme succès.

Interprète inoubliable du tube "Etienne", celle qui fut le "petit rat" de l'Opéra de Paris avant de devenir une figure de la pop française laisse derrière elle l'image d'une artiste volcanique. Retour sur le parcours d'une femme qui a marqué l'histoire musicale par son audace et son tempérament affirmé.

Un dernier rideau à 80 ans : la fin d'une artiste insoumise

Le décès de Patricia Porasse, connue sous le nom de Guesch Patti, a été confirmé par son agence ce lundi 22 juin 2026. L'artiste s'est éteinte à Paris des suites d'une "longue maladie", selon le communiqué officiel. Fille de l'imprésario Jean Porasse et filleule du comédien Bernard Blier, elle baigne dans un environnement créatif dès son plus jeune âge. 

Son pseudonyme puise d'ailleurs ses racines dans cette enfance, issu de "Gaixoa", un surnom basque affectueux donné par son grand-père. Avant de prendre le micro, elle excelle dans la danse, engagée par Roland Petit à l'Opéra de Paris à seulement 15 ans, puis collaborant avec Pina Bausch. "La danse est avant tout ma colonne vertébrale", confiait-elle ainsi lors d'une interview accordée à Esprit Paillettes.

"Etienne, Etienne" : le raz-de-marée érotico-chic et sa censure culte

L'année 1987 marque un tournant définitif avec la sortie de son titre phare, dont les paroles sont écrites en trois heures sur une musique de Vincent Bruley. Le single s'écoule à plus d'un million et demi d'exemplaires en Europe. Le clip en noir et blanc, réalisé par Emmanuel Cany, est frappé d'une interdiction de diffusion en journée en raison de son caractère suggestif

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Cette décision propulse le morceau au sommet du Top 50 durant cinq semaines. Contrairement aux rumeurs, Etienne n'était pas un amant, mais son manager de l'époque. "Il a rougi quand il a entendu le titre", révélait la chanteuse à la télévision, des propos rapportés par Le Journal des Femmes.

Une quête artistique exigeante et éclectique

Le succès retentissant de son titre sulfureux lui permet de remporter en 1988 la Victoire de la musique de la "Révélation féminine", s'imposant face à Vanessa Paradis. Sa carrière explore ensuite de nombreux horizons. Elle multiplie les collaborations, notamment avec Étienne Daho sur le morceau Blonde, Françoise Hardy ou encore Mathieu Chedid. La scène et l'écran l'attirent également : elle tourne sous la direction de Claude Lelouch dans Une pour toutes et monte sur les planches pour Les Monologues du vagin. "Le contemporain, c'est nous, maintenant", affirmait-elle lors de la création du spectacle Re-Vue.

Un tempérament de feu et des sorties médiatiques sans filtre

Souvent ramenée à son succès de 1987, l'ancienne danseuse a régulièrement exprimé son agacement face à cette étiquette réductrice. Reconnue pour son franc-parler, elle recadrait sans hésiter les journalistes focalisés sur son image provocante. "J’en ai marre qu’on me parle de ma coiffure, c’est vrai quoi, y’a pas que ça, j’suis une artiste…", déclarait-elle avec aplomb lors d'un entretien avec Laurent Ruquier sur Europe 1.

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