Juliette Binoche : rétropédalage tendu après avoir traité Vincent Bolloré de "fasciste"

Publié par Julien Pinardi
le 01/06/2026
Juliette Binoche
Autre
Quelques jours après avoir signé une tribune incendiaire, Juliette Binoche exprime ses regrets sur l'emploi du terme "fasciste" visant Vincent Bolloré. Un rétropédalage qui interroge.

La controverse secoue actuellement les fondations du milieu du cinéma français, partagé entre un engagement militant historique et des impératifs économiques incontournables. Ce revirement soudain relance les débats sur la liberté de parole des artistes face aux grands groupes industriels.

Un mea culpa public inattendu

La star française est revenue sur sa signature apposée au bas d'un texte collectif particulièrement virulent. Il se murmure d'ailleurs qu'elle aurait validé ce manifeste via un groupe WhatsApp militant alors qu'elle se trouvait en plein tournage à l'étranger. Cette lecture précipitée expliquerait pourquoi elle n'a pas mesuré la portée sémantique de certains mots. "Je regrette l'emploi de ce mot qui ferme les portes du dialogue au lieu de les ouvrir. Il ne correspond pas à ma manière d'exprimer mes désaccords", confie-t-elle au Parisien. L'actrice invoque un emportement collectif dicté par le besoin de protéger la liberté d'expression.

Une tribune polémique contre Vincent Bolloré

Cette prise de parole fait suite à la publication, fin mai 2026, d'une tribune signée par 800 artistes et intellectuels. Ce document dénonçait la mainmise de l'homme d'affaires sur plusieurs médias français, fustigeant une stratégie d'extrême-droitisation du paysage audiovisuel par le biais d'un fascisme médiatique. Des sources proches du groupe visé ont rapidement réagi, évoquant une insulte gratuite et soulignant une méconnaissance profonde de l'histoire de la part des signataires.

Tension palpable aux abords de l'Olympia

Quelques heures avant ces déclarations d'apaisement, un rassemblement s'est tenu devant la salle mythique de l'Olympia. Les manifestants, dont la CGT Spectacle, ont dénoncé le danger imminent que représenterait l'influence de l'extrême droite. Lors de cet événement à l'ambiance électrique, Adèle Haenel et Jean-Luc Mélenchon ont pris la tête du cortège, scandant des slogans visant directement l'actionnariat des grands médias. "On ne discute pas avec ceux qui veulent effacer la diversité de nos récits", a notamment lancé l'ancienne actrice, selon le quotidien Libération.

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Le cinéma français face à un profond malaise

Cet épisode illustre le dilemme qui traverse l'industrie cinématographique. Les artistes peinent à concilier leurs convictions politiques et leur dépendance aux financements de Canal+, propriété du groupe mis en cause. En coulisses, des agents de comédiens confient la difficulté de se positionner publiquement sans risquer une mise au placard professionnelle. Le revirement de Juliette Binoche est ainsi perçu par certains observateurs comme une manœuvre de protection face à la puissance financière du premier mécène du septième art.

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