2027 : le projet de Jean-Luc Mélenchon pour démanteler l'empire Bolloré
Le 20 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon et la députée Clémence Guetté ont dévoilé un projet législatif visant à briser ces conglomérats dès 2027. Ce programme ambitionne de stopper la domination des groupes financiers sur la diffusion de l'actualité en imposant un démantèlement des structures jugées trop puissantes. "Il faut qu'on commence par ça, c’est-à-dire une loi de libération des médias. Ça couvre plein de sujets, mais le premier, c'est la dislocation des monopoles, notamment le monopole Bolloré, mais il ne faudrait pas qu'on s'arrête à Bolloré" a déclaré le chef du parti dans son podcast "Allo Mélenchon."
Une loi de dislocation contre les empires médiatiques
Ce texte s'attaquerait frontalement à l'empire de Vincent Bolloré, qui contrôle notamment Canal+, CNews, Europe 1 et le JDD. Cependant, le champ d'action de cette proposition s'étend à tous les milliardaires possédant des chaînes ou des journaux. Clémence Guetté, également vice-présidente de l'Assemblée national comme le rappelle Le Figaro, invitée de Sud Radio, en a remis une couche : "Quand nous gagnerons en 2027, nous ferons une grande loi anticoncentration des médias. Cela devrait intéresser tout le monde de savoir que neuf milliardaires détiennent 90% des médias français. Cette concentration des médias a des conséquences directes sur le droit à l'information."
Un arsenal législatif pour séparer l'argent de l'information
La stratégie insoumise repose sur la fin immédiate de la concentration verticale et horizontale. Selon ce projet, un actionnaire unique se verrait interdire la possession simultanée de chaînes de télévision, de stations de radio et de titres de presse écrite dès lors qu'un seuil d'audience défini serait franchi. L'instauration d'une barrière juridique stricte empêcherait toute ingérence financière dans les décisions des rédactions ". Jean-Luc Mélenchon poursuit, cité par nos confrères : il faut selon lui "démanteler les trusts", "séparer les médias et l'argent" et "donner du pouvoir aux utilisateurs de médias."
Pour assurer cette indépendance éditoriale, les journalistes obtiendraient un droit d'agrément lors de la nomination de leur directeur de rédaction. En parallèle, LFI programme la suppression pure et simple d'une institution : l'Arcom. En effet, toujours selon le leader de LFI, il faudra, visant cette dernière qu'il considère comme une "farce ambulante", mettre en place un "conseil déontologique des médias qui permette d'avoir un recours parce qu'aujourd'hui il y en a aucun", conseil déontologique des médias qui permette d'avoir un recours parce qu'aujourd'hui il y en a aucun." Cette nouvelle instance possèderait des capacités de sanction lourdement renforcées pour punir les manquements au pluralisme.
Vincent Bolloré... et les autres ?
Sur le terrain, l'adoption de ce texte engendrerait une fragmentation spectaculaire de l'offre médiatique. Les groupes dirigés par des industriels comme Bernard Arnault, Patrick Drahi, Xavier Niel et Vincent Bolloré seraient dans l'obligation de céder une part majeure de leurs actifs. Cette vente forcée redistribuerait entièrement les cartes de l'audiovisuel et de la presse écrite. Mais aussi Mathieu Pigasse, connu pour engagement à gauche, assure Clémence Guetté au micro de Sud Radio.
Qui ne peut s'empêcher toutefois de s'en prendre à Vincent Bolloré : "Il y a une urgence qui devrait alarmer tous les citoyens. M. Bolloré, par sa fortune, a mis la main sur des télévisions, des radios, la presse écrite, l'édition et le cinéma par Canal+." Puis "Dans notre démocratie, ce qui est important, c'est d'assurer le pluralisme des opinions, le pluralisme de création, la liberté de création. Si pour ce faire, il faut adopter une loi qui permette de l'assurer, j'y suis tout à fait favorable."
Le citoyen bénéficierait théoriquement d'une ligne éditoriale affranchie des intérêts industriels de l'actionnariat. Toutefois, ce bouleversement structurel soulève des interrogations sur la viabilité économique des médias privés. La survie des chaînes d'information en continu, extrêmement coûteuses à opérer sans investisseurs majeurs, reste particulièrement incertaine face à un tel changement de modèle.
Si la gauche radicale garantit un retour à une information libre et pluraliste, les détracteurs d'une éventuelle réforme appréhendent une reprise en main politique de l'audiovisuel. Des doutes persistent également quant à la définition exacte du seuil de monopole et à la conformité d'une telle législation avec le droit de propriété garanti par les traités européens.
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