"Aujourd'hui j'ai rien" : la vérité sans filtre de Marlène Schiappa sur l'après-gouvernement
Après avoir battu un record de longévité en restant au pouvoir durant l'intégralité du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, le retour à la vie civile s'avère saisissant. L'ancienne secrétaire d'État sort du silence pour évoquer cette transition délicate. Fini les dorures de la République, place à un quotidien anonyme qu'elle assume avec franchise.
La perte immédiate du confort ministériel
Passer des plus hautes sphères de l'État à la simplicité logistique constitue un choc frontal. Dès la signature du décret actant la fin de ses fonctions, tous les avantages s'évaporent sur-le-champ. "Il n'y a plus de chauffeur, il n'y a plus de voiture de fonction, il n'y a plus de protection rapprochée, il n'y a plus d'officier de sécurité. C'est terminé, on rend tout le jour même", confiait-elle en février lors de son interview dans l'émission "Le Jet de Luxe", visible sur M6+, rapporte Closer. Désormais, Marlène Schiappa doit reprendre les transports en commun. Elle s'amuse d'ailleurs de l'étonnement des usagers du métro qui la reconnaissent soudainement sans son imposante escorte habituelle.
La fin du mythe des salaires à vie
Contrairement aux tenaces idées reçues, les anciens ministres ne nagent pas dans l'or une fois remerciés. L'ex-femme politique brise la glace sur sa propre situation bancaire pour clarifier le cadre légal. Le traitement de l'État ne s'étire que sur une courte période de carence. "Aujourd'hui j'ai rien. Les gens pensent qu'on garde un salaire à vie, c'est faux. On est payé pendant trois mois", affirmait-elle sur le plateau de Jordan de Luxe. Dépourvue de rente ou de patrimoine personnel lui permettant l'oisiveté, elle insiste sur l'obligation impérieuse de dénicher de nouveaux revenus. "Je trouve qu'on n'est pas assez clair sur ce dont bénéficient les ministres"
Elle ne se plaint pas, au contraire : "J'ai vu un ministre qui disait 'Oh là là, ça fait 30 ans que je conduis pas'. Mais c'est ça qui n'est pas normal, en fait. Ce qui n'est pas normal, c'est d'avoir été conduit pendant aussi longtemps." Elle poursuit auprès du présentateur, elle qui gagnait 7 600 euros net au gouvernement rappellent nos confrères : "En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que quand vous êtes ministre, vous n'avez pas le droit au chômage. Ce sont des secteurs à part. Et en fait, ce que vous touchez... On a parlé des indemnités. Vous continuez à payer pendant 3 mois. Ça remplace le chômage. Et au bout de 3 mois... Et c'est normal. C'est terminé. Vous n'avez plus rien. Et vous devez gagner votre vie comme tout le monde. C'est ce que je trouve parfaitement normal. Pendant qu'on est ministre, des gens disaient 'Oui, vous avez le train gratuit, l'avion.' C'est pas vrai du tout. Vous n'avez aucune réduction sur rien."
Des bancs de l'Assemblée aux plateaux télé
Pour assurer son train de vie, l'écrivaine multiplie les casquettes professionnelles. Elle jongle entre ses interventions sur RMC et RMC Story, sur LCI ou chez Cyril Hanouna, ses missions dans un cabinet de conseil et la parution de ses ouvrages. La stratégie s'élargit même au divertissement avec sa participation remarquée au jeu Les Traitres sur M6. Une apparition inattendue qui suscite de vives polémiques. Face aux détracteurs l'accusant de dévoyer la parole publique, l'ancienne ministre oppose une mise au point tranchante. "Je n’ai pas l’intention de demander la permission pour ce que je fais de ma vie", assène-t-elle dans les colonnes du Parisien.
De nouvelles ambitions hors des institutions
Si le monde politique n'appartient pas totalement au passé, Marlène Schiappa savoure sa liberté de ton retrouvée. Son départ du gouvernement, chahuté par le scandale du Fonds Marianne, laisse des traces, mais n'entame pas sa volonté d'engagement. Elle envisage désormais d'autres formats télévisés pour poursuivre son combat militant pour les droits des femmes. Une manière assumée de rester dans l'arène publique, en imposant ses propres règles du jeu.