Affaire Patrick Bruel : pourquoi Jean-Louis Murat ne pouvait pas le "piffer"

Publié par Julien Pinardi
le 24/06/2026
Jean-Louis Murat
abacapress
© Jean-Jacques Dachtary/ABACA
Vingt jours après la mise en examen de Patrick Bruel pour agressions sexuelles, une archive de Jean-Louis Murat datant de 2007 exhumée récemment jette un froid supplémentaire sur l'affaire.

L'onde de choc continue de traverser le monde du show-business français. Alors que les accusations à l'encontre du chanteur s'accumulent, de vieilles déclarations télévisuelles prennent une résonance particulière. Le décalage entre l'image publique de la star et les sombres coulisses du milieu ravive les débats sur une omerta systémique de longue date.

L'archive glaçante de Jean-Louis Murat

Dans ce contexte tendu, une ancienne interview télévisée de Jean-Louis Murat sur la chaîne disparue Canal Jimmy tourne en boucle sur les réseaux sociaux. L'artiste décrivait des comportements révoltants dans le milieu de la musique française. Il relatait une scène de poker où des figures publiques auraient misé une adolescente. "Moi j’en ai vu une fois aux cartes jouer une petite nana de 16 ans [...] avec qui j'avais discuté et qui était complètement à la rue", racontait-il alors, ciblant "deux énormes vedettes de la chanson française." 

Selon ses mots issus de l'émission "La route", animée par par Pascale Clarck dans un numéro datant de 2007 (et non 2000 comme indiqué sur la vidéo), il s'agissait d'une "enfant perdue où il fallait la traiter comme un enfant." Interrogé sur le rapport des artistes avec leurs fans féminines, il ajoute : "Je ne peux pas écrire ce que j’écris ou chanter ce que je chante si j’avais une espèce de comportement à la con, à sauter sur les fans comme ça."

 

Jean-Louis Murat parle-t-il vraiment de Patrick Bruel ?

Cet extrait met en lumière un système de silence fermement ancré. Jean-Louis Murat confiait son profond regret de ne pas avoir agi face à "un des trucs les plus répugnants que j'ai vus dans ce métier." Il ciblait directement "des gens pour des images en or [...] le parfait garçon [...] on leur donne le bon Dieu sans confession."  

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Puis il poursuit : "Maintenant, à chaque fois qu'on me parle de ces mecs-là, je les casse."  Mais peut-on être certain qu'il parle de Patrick Bruel ? Oui selon l'édition suisse de 20 Minutes. Un journaliste romand, qui a souhaité rester anonyme, révèle au quotidien que le chanteur, décédé en 2023, lui avait déjà raconté la même histoire en 1996.

Il ajoute, auprès de nos confrères : "Je connaissais sa réputation. J'ai croisé Bruel deux ou trois fois dans ma carrière. Le terme Babar, je l’ai déjà entendu il y a des années. Et il y avait aussi cette histoire qu’il se baladait à poil."  Enfin, le journaliste  répète les propos que lui aurait confiés une "connaissance travaillant dans le milieu télévisuel" : "Elle disait: 'Il est hyper fier de son sexe, il l’exhibe en permanence'."

La justice face au temps et à la prescription

Le décalage entre les faits supposés et le traitement judiciaire interroge les observateurs. Si la libération de la parole a affaibli l'intouchabilité présumée de l'artiste, au point que des collectifs féministes aient perturbé ses pièces de théâtre, le défi légal reste immense. Fait rare dans ce type de dossier souligné par France 5, quatre juges d'instruction ont été nommés pour coordonner les investigations. Ces derniers doivent désormais démêler ces multiples récits anciens tout en composant avec les délais de prescription.

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