Affaire Gims : l'idole des jeunes dans le viseur de la justice pour des faits graves

Publié par Julien Pinardi
le 26/03/2026
Gims
abacapress
© Zabulon Laurent/ABACA
L’interpellation choc de Gims à l'aéroport de Roissy ce 25 mars 2026 marque un tournant judiciaire sans précédent pour la star congolaise. Soupçonné de blanchiment en bande organisée lié à un projet immobilier colossal à Marrakech, l'artiste affronte les premières investigations du tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée. Décryptage d'une affaire aux ramifications internationales qui secoue l'industrie musicale.

En plein bonheur après le succès retentissant de son album "L'Odyssée" paru en novembre 2025, le chanteur se retrouve soudainement propulsé au cœur d'un scandale financier. Cette arrestation jette une ombre brutale sur la carrière de l'artiste de 39 ans, habitué jusqu'ici aux sommets des charts. Ironie du sort, ce coup de filet survient alors que Gims venait de confirmer sa venue en tête d'affiche du festival Paléo pour l'été 2026, un engagement aujourd'hui très incertain.

Une descente d'avion sous haute tension à Roissy

Le mercredi 25 mars 2026, les agents du service national des douanes judiciaires ont cueilli Gandhi Djuna, de son vrai nom, dès sa sortie de l'appareil à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. L'interprète a été immédiatement placé en garde à vue sous l'autorité du tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco). Face à cette tempête médiatique et judiciaire, le camp de la star reste mutique. Contacté par l'AFP, son avocat Me David-Olivier Kaminski "n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat", comme le rapporte Libération.

Le Sunset Village au coeur des soupçons de blanchiment

La justice s'intéresse de près à un projet immobilier pharaonique baptisé "Sunset Village", situé à Marrakech, dans lequel le nom du rappeur apparaît. Ce programme de 117 villas de grand luxe, doté d'un lagon artificiel, affiche un chiffre d'affaires potentiel vertigineux estimé à 100 millions d'euros. Tout a basculé suite à une note de Tracfin, la cellule antiblanchiment, alertant sur les flux financiers troubles de la société Horizon Development. Les juges d'instruction parisiens tentent désormais de démonter un système conçu pour "blanchir des fonds provenant d'activités illégales et en dissimuler l'origine", selon les informations révélées par Africa Intelligence.

Des réseaux occultes et un montage international complexe

L'investigation plonge dans les coulisses d'une criminalité financière sophistiquée. L'enquête pointe l'implication présumée de "cinq ex-trafiquants de drogue franciliens reconvertis dans la criminalité financière", précise Africa Intelligence. Le réseau aurait élaboré une "myriade de sociétés spécialement constituées dans différents pays pour se jouer de la TVA et autres taxes françaises, faciliter l'émission de fausses factures. "Le Pnaco, spécialisé dans la délinquance en col blanc haut de gamme, traque ces ramifications qui s'étendraient jusqu'aux Émirats arabes unis.

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Une immunité diplomatique face à la justice française

Ce scandale éclate alors que l'artiste sortait d'une année 2025 exceptionnelle, couronné plus gros vendeur de disques en France. Mais un imbroglio politique s'invite dans le dossier. Détenteur d'un passeport diplomatique remis par le président Félix Tshisekedi, l'ambassadeur culturel congolais pourrait bénéficier d'une protection embarrassante pour les enquêteurs. La machine étatique s'est déjà mise en branle : "Deux officiels congolais ont assuré avoir saisi le Quai d'Orsay pour s'enquérir de la situation du chanteur", révèle Jeune Afrique.

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