Paracétamol, anti-inflammatoires, matériel : les kinésithérapeutes ont enfin le droit de prescrire

Publié par Matthieu Chauvin
le 17/09/2026
Kinésithérapeuthe
Istock
Attendu depuis deux décennies, un arrêté paru au Journal officiel autorise désormais les kinésithérapeutes à prescrire des médicaments antalgiques usuels et une large sélection de matériel médical.

Le texte réglementaire publié le 16 septembre 2026 transforme en profondeur le quotidien des cabinets de rééducation et fluidifie la prise en charge des patients. Cette réforme permet aux praticiens de répondre sans délai aux douleurs courantes sans renvoyer systématiquement leurs patients vers un médecin traitant souvent surchargé. Dès aujourd'hui, les professionnels diplômés appliquent ce nouveau cadre légal en cabinet, sans formation complémentaire requise.

Un élargissement inédit du droit de prescription après vingt ans d'attente

L'arrêté du 14 septembre 2026, paru au Journal officiel le 16 septembre 2026, abroge la réglementation restrictive en vigueur depuis le 9 janvier 2006. La Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR) salue "une avancée historique, attendue depuis 20 ans."

Ce texte consacre un saut quantitatif majeur en faisant passer le répertoire autorisé de 16 catégories de dispositifs médicaux à 58 catégories de produits de santé. La grande nouveauté réside dans l'intégration directe des médicaments thérapeutiques, levant un verrou historique qui limitait l'exercice de la profession au seul acte de rééducation.

La liste des produits autorisés et les limites fixées par la loi

Le périmètre validé cible des thérapeutiques précises. Les praticiens peuvent ordonner des antalgiques de palier 1 selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens usuels, hors formes injectables. S'y ajoutent les myorelaxants par voie orale, les mucolytiques en kinésithérapie respiratoire, les antiseptiques locaux sans dérivés iodés, les crèmes cicatrisantes ou anesthésiantes, ainsi que les substituts nicotiniques en patchs ou gommes.

L'arsenal matériel s'élargit également aux lits médicalisés, aides au transfert, fauteuils roulants manuels adaptés, attelles, oxymètres de pouls, aérosols et appareils d'électrostimulation.

La loi pose toutefois des limites strictes. L'arrêté précise que ces prescriptions restent valables "sauf indication contraire du médecin", ce qui accorde un droit de veto au médecin traitant. Le texte impose aussi une réserve formelle : "à l'exclusion des produits et matériels utilisés pendant la séance." Enfin, les antalgiques morphiniques et la délivrance d'arrêts de travail demeurent formellement exclus du périmètre des kinésithérapeutes.

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Un parcours de soins simplifié et des ordonnances remboursées

Pour les assurés, cette évolution met un terme aux allers-retours superflus en consultation médicale pour faire renouveler un équipement ou traiter une contracture aiguë. Selon le Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, "cette évolution permet de simplifier le parcours des patients. Elle renforce également la cohérence des prises en charge en permettant aux kinésithérapeutes de prescrire les produits de santé nécessaires à l'exercice de leurs compétences."

En officine, ces ordonnances sont reconnues sans distinction et ouvrent droit au remboursement par l'Assurance maladie et les mutuelles selon les tarifs de la Liste des produits et prestations remboursables (LPPR). La coordination médicale reste garantie par l'envoi sécurisé du bilan diagnostic kinésithérapique et des prescriptions vers le dossier médical partagé du médecin traitant.

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