Moustiques : les cas de virus du Nil, chikungunya et dengue explosent dans ces départements

Publié par Matthieu Chauvin
le 27/08/2026
Moustique tigre
Istock
Santé publique France alerte sur une multiplication inédite de près de 70 cas autochtones de virus du Nil occidental, de dengue et de chikungunya recensés dans l'Hexagone.

La circulation des maladies transmises par les moustiques franchit un palier inédit sur le territoire métropolitain. Selon le dernier bulletin de Santé publique France, les transmissions locales s'intensifient et touchent désormais des départements jusqu'alors préservés de ces infections.

Une flambée inédite de transmissions locales dans l'Hexagone

Le bilan épidémiologique arrêté à la fin août 2026 confirme une poussée remarquable des arboviroses contractées directement sur le territoire métropolitain. Les autorités sanitaires dénombrent près de 70 cas autochtones, parmi lesquels figurent 30 cas confirmés d'infection par le virus du Nil occidental, 33 cas de chikungunya répartis sur sept foyers de transmission distincts et 5 cas de dengue issus de quatre épisodes. En parallèle, la surveillance active a recensé 328 cas importés de dengue, 117 de chikungunya et 11 de virus Zika chez des voyageurs de retour de zones d'endémie.

Ce bilan marque une rupture géographique majeure. Pour la première fois, des contaminations humaines par le virus du Nil occidental ont été formellement identifiées dans des territoires septentrionaux ou inhabituels comme la Seine-et-Marne, la Drôme et l'Aude. La qualification de cas autochtone signifie que ces patients ont été piqués et infectés sans avoir effectué de séjour hors de France continentale.

Deux moustiques vecteurs, météo favorable et risques cliniques

Cette expansion repose sur deux espèces distinctes de moustiques. D'une part, le moustique commun (Culex pipiens), particulièrement actif la nuit, propage le virus du Nil occidental en piquant des oiseaux sauvages réservoirs avant de transmettre l'agent pathogène à l'être humain ou au cheval. D'autre part, le moustique tigre (Aedes albopictus), actif durant la journée, transmet le chikungunya et la dengue après avoir piqué une personne revenue infectée d'un voyage.

Les températures élevées de la saison et l'alternance d'averses orageuses créent un environnement propice à la multiplication rapide des insectes et accélèrent la réplication virale en leur sein. Sur le plan médical, la dengue et le chikungunya provoquent des fièvres brutales, de violentes courbatures et des douleurs articulaires aiguës. Le virus du Nil occidental demeure quant à lui asymptomatique dans 80 % des cas. Toutefois, près de 20 % des malades développent un état fébrile et moins de 1 % subit des complications neurologiques sévères comme des méningites ou des encéphalites, touchant en priorité les personnes âgées ou fragilisées ("cinq décès sont survenus ces derniers jours en Macédoine du Nord, et un aux Pays-Bas" indique Le Figaro).

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Gestes barrières et protocole sanitaire pour stopper la transmission

Pour freiner la propagation des vecteurs, la destruction systématique des gîtes larvaires constitue le premier rempart. Il convient de vider au moins une fois par semaine les coupelles de pots de fleurs, arrosoirs, pneus usagés et réserves d'eau stagnante situées autour des habitations. Pour se prémunir des piqûres, le port de vêtements longs et amples, l'installation de moustiquaires aux ouvertures et l'application de répulsifs cutanés homologués sont recommandés.

En présence de symptômes fébriles soudains après des piqûres d'insectes, une consultation médicale immédiate s'impose. Tout cas suspect ou avéré déclenche un signalement immédiat auprès de l'Agence régionale de santé (ARS). L'organisme déploie alors une enquête épidémiologique et mandate des opérations de démoustication ciblées dans un rayon de 150 mètres autour des lieux de passage du patient pour neutraliser les moustiques adultes et briser la chaîne de contamination locale.

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