Miracle en Ariège : à 74 ans, un retraité survit deux jours au fond d'un ravin avec presque rien
Parti pour une simple cueillette automnale dans les Pyrénées ariégeoises, ce retraité a basculé dans un gouffre inaccessible, déclenchant d'importantes recherches après le signalement de ses proches. Retrouvé en état d'hypothermie sévère, le miraculé a déjoué tous les pronostics grâce à son sang-froid et à l'intervention technique des sauveteurs.
Deux nuits en enfer dans un canyon pyrénéen : la chronologie d'un sauvetage inespéré
Parti traquer les cèpes à environ 1 300 mètres d'altitude dans la vallée du Biros, Georges Aussonac s'est égaré sur les dévers abrupts bordant la chapelle de l'Isard. Déséquilibré sur la terre mouillée, il a glissé dans une faille rocheuse abrupte avant d'atterrir dans le lit d'un cours d'eau. "C'est là que je suis tombé", a précisé le cueilleur blessé auprès de TF1.
Isolé au pied d'une paroi rocheuse verticale, l'homme s'est heurté à l'absence totale d'ondes téléphoniques. Cette zone blanche impénétrable l'a empêché de joindre les secours, le condamnant à affronter deux nuits successives dehors alors que le mercure plongeait vers des niveaux glaciaux.
Face à sa disparition prolongée, ses proches ont prévenu la gendarmerie, mobilisant en urgence le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l'Ariège et un équipage de la Section aérienne de la gendarmerie (SAG). Lors d'un survol méticuleux du canyon par l'hélicoptère, les secouristes ont repéré une forme humaine au fond de la gorge. "Je le vois sur le dos avec la moitié du corps dans l'eau", a témoigné un gendarme dans La Dépêche du Midi.
Les spécialistes ont déployé une manœuvre d'hélitreuillage complexe pour atteindre la cavité et stabiliser la victime polytraumatisée. Remonté à bord de l'appareil par treuil, le blessé a été évacué directement vers le centre hospitalier du Val d'Ariège.
Décryptage d'une survie exceptionnelle : l'instinct face aux pièges de la montagne
À sa prise en charge, les médecins ont mesuré une température corporelle interne de 30 °C, marquant un stade d'hypothermie sévère provoqué par l'eau glacée du torrent. En plus de ce froid pénétrant, le bilan clinique a révélé cinq côtes fêlées et plusieurs contusions, illustrant une résistance physique hors norme. L'homme n'a d'ailleurs rien perdu de sa verve, confiant à La Dépêche du Midi : "Je n'ai pas croisé d'ours. C'était une blague."
Durant ces 48 heures de calvaire, Georges Aussonac a adopté des attitudes déterminantes pour rester en vie. Le septuagénaire a rationné les quelques barres de céréales rangées dans sa poche et a bu régulièrement l'eau du ruisseau afin d'écarter la déshydratation, tout en s'astreignant à une immobilité totale pour préserver sa chaleur résiduelle.
Cet accident rappelle la dangerosité des forêts pyrénéennes à cette période. Dès le début de l'automne, l'humidité rend les sous-bois glissants, la météo change sans préavis et la végétation masque fréquemment des failles rocheuses traîtresses.
Pour prévenir ces drames, les secouristes du PGHM rappellent les règles de base : ne partez jamais seul sans confier votre itinéraire précis à un tiers. En zone blanche, emportez un sifflet ou une balise de détresse satellitaire. Enfin, en cas de chute immobilisante, s'isoler du sol humide et économiser ses forces restent les deux réflexes protecteurs pour attendre l'arrivée des secours.
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