Dauphins d'Antibes : face aux contraintes bureaucratiques et politiques, ce zoo renonce à leur sauvetage

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/08/2026
Dauphins
Istock
Le ZooParc de Beauval abandonne définitivement son projet de sanctuaire pour les dauphins de Marineland, plongeant l'avenir des cétacés captifs dans une impasse à quelques mois de l'interdiction légale fixée à la fin de l'année 2026.

Alors que le compte à rebours s'accélère pour les parcs marins de l'Hexagone, la décision du parc loir-et-chérien laisse les autorités sans structure d'accueil immédiate pour reloger les animaux encore présents dans les bassins.

Les raisons de l'abandon du projet de refuge à Beauval

Le directeur du ZooParc de Beauval, Rodolphe Delord, a officialisé l'arrêt définitif du projet de Centre d'études, de recherche scientifique et de sauvegarde pour dauphins (CERSSD). Ce complexe devait initialement offrir une porte de sortie aux cétacés français. Le responsable a précisé sa position dans un communiqué : "Cette décision intervient dans un contexte devenu incompatible avec la réalisation sereine d'un projet de cette ampleur, marqué par la multiplication des recours, des incertitudes et des contraintes qui ne permettent plus aujourd'hui de réunir les conditions nécessaires à sa réalisation."

L'équation économique a pesé lourdement dans ce renoncement. Le coût prévisionnel des travaux a flambé pour atteindre 45 millions d'euros, contre une estimation initiale comprise entre 25 et 30 millions d'euros. Face à cette dérive budgétaire, l'État a refusé d'accorder une garantie financière publique pour sécuriser le chantier. Interrogé par l'AFP, Rodolphe Delord a rappelé que "les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd'hui sur le projet ne nous permettent pas de le mener dans des conditions acceptables".

Ce recul découle également d'une intense pression militante et juridique. Les associations de protection animale, à l'image de One Voice et de C'est Assez !, ont multiplié les recours contentieux et les rassemblements. Ces ONG s'opposaient à la création d'installations qu'elles qualifiaient de "delphinarium 2.0", exigeant des sanctuaires ouverts plutôt que de nouveaux bassins artificiels fermés.

L'avenir incertain des dauphins face à l'échéance légale de 2026

Le calendrier réglementaire impose désormais une pression directe sur l'ensemble de la filière. La loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, renforcée par l'arrêté d'application du 28 juin 2024, proscrit formellement la détention et les spectacles de cétacés en France à compter du 1er décembre 2026. L'abandon du site de Beauval remet en question le point de chute prévu pour 25 dauphins, parmi lesquels figuraient 12 individus du Marineland d'Antibes et 11 spécimens de Planète Sauvage.

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L'absence de structure d'accueil en France relance le spectre de départs vers des installations étrangères. Huit dauphins de Marineland ont déjà fait l'objet d'un transfert vers l'Espagne à la fin du mois de juillet 2026. Les organisations non gouvernementales redoutent désormais des transferts vers des parcs situés en Europe de l'Est ou en Asie, où les normes relatives au bien-être animal restent moins contraignantes qu'en France.

À ce jour, les projets de sanctuaires marins côtiers en Méditerranée ou sur le littoral atlantique demeurent au stade d'études préliminaires. Face au vide logistique laissé par le retrait de Beauval, le gouvernement et les exploitants des delphinariums se retrouvent contraints de trouver de nouvelles solutions d'hébergement conformes à la loi avant la date butoir.

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