Fermeture du Marineland d'Antibes : les orques et dauphins vont enfin nager vers une vie meilleure
Ce grand déménagement marque le point final d'un feuilleton juridique et animalier qui tenait en haleine les associations depuis plusieurs mois. Le parc azuréen, fermé au public depuis janvier 2025, se vide ainsi définitivement de ses emblématiques mammifères marins. La décision accélère la fin de la captivité de ces espèces sur le sol français, posant la question du devenir de ce vaste terrain de 25 hectares.
Feu vert du gouvernement pour le départ en urgence des orques
Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a validé ce vendredi le transfert des orques Wikie (24 ans) et Keijo (12 ans), selon un communiqué officiel. Les deux imposants mammifères rejoindront les installations du Loro Parque, situé à Tenerife en Espagne. L'opération s'annonce particulièrement complexe sur le plan logistique.
Elle nécessite un affrètement spécial par avion cargo. Ce voyage transfrontalier doit impérativement s'achever avant la fin du mois de juin 2026, souligne l'AFP. Cette fenêtre de tir serrée permet de préserver les animaux des fortes chaleurs estivales, particulièrement dangereuses durant les phases de transit.
Le destin des onze autres cétacés du parc est également scellé. Ces dauphins prendront la direction de la péninsule ibérique. Ils intégreront les bassins de l'Oceanogràfic de Valence et d'autres infrastructures à Malaga. Ces départs simultanés actent la cessation totale de toute présence de mammifères marins sur le site historique d'Antibes.
Des installations dégradées précipitent l'application de la loi
Cette évacuation d'envergure répond en premier lieu aux exigences de la loi du 30 novembre 2021 luttant contre la maltraitance animale. Ce texte de référence impose la cessation définitive de la détention de cétacés en delphinarium et l'arrêt des spectacles d'ici le 1er décembre 2026. L'agenda prévisionnel s'est néanmoins brusquement accéléré sous la pression d'un péril physique avéré.
Des rapports d'expertise judiciaire alertent sur une détérioration très avancée des bassins construits au début des années 2000. L'ONG Sea Shepherd a notamment mis en lumière des fissures majeures et une instabilité structurelle prononcée. L'usure des bétons rend le maintien en captivité sur place strictement impossible à très court terme.
Face à l'absence de sanctuaires marins totalement opérationnels pour les accueillir immédiatement et devant le risque d'effondrement des structures, l'État a imposé son arbitrage. Le gouvernement privilégie la solution de repli espagnole, balayant les fortes critiques des groupements associatifs.
Bien-être animal en question et conséquences sociales pour le parc
L'envoi précipité des cétacés vers d'autres parcs zoologiques européens déclenche l'indignation de nombreuses ONG. Plusieurs associations dénoncent vigoureusement une "trahison de l'esprit de la loi", refusant de voir les animaux passer d'une captivité à une autre. Le ministère de la Transition écologique rétorque qu'il s'agit de l'unique issue technique et sanitaire disponible pour écarter l'euthanasie.
Mathieu Lefèvre a d'ailleurs justifié cette manœuvre par une déclaration forte : "Ne rien faire condamnerait les deux orques à une mort certaine." Ce sauvetage par les airs représente un gouffre financier, chiffré à plusieurs centaines de milliers d'euros par individu transféré pour le groupe Parques Reunidos, propriétaire du Marineland.
Une perspective d'amélioration subsiste pour une partie des animaux grâce au projet porté par le ZooParc de Beauval. Ce futur Centre-Études, Recherche Scientifique et Sauvegarde pour Dauphins pourrait offrir une base de retour adaptée pour certains spécimens marins à l'horizon 2027.
En parallèle, la dimension humaine de cette fermeture définitive requiert une attention soutenue. Un plan social encadre actuellement le licenciement de la quarantaine d'employés et de soigneurs spécialisés du parc azuréen. Ces professionnels de la faune sauvage continueront d'accompagner quotidiennement les animaux jusqu'à l'ultime étape de leur départ de la Côte d'Azur.
- Chats : pourquoi la routine est importante pour votre animal de compagnie
- Poulailler à la maison : est-ce vraiment rentable ? Le calcul précis pour économiser sur vos courses
- Alerte coronavirus MERS en France : le risque est-il réel après la détection de deux cas importés ?
- Ariane Brodier attaquée par un chien en plein footing : la star porte plainte