L'Iran condamne les "violences policières" lors des manifestations lycéennes en France !

Publié par Matthieu Chauvin
le 04/10/2026
Esmaeil Baghaei
abacapress
© Xinhua/ABACA
La diplomatie iranienne dénonce le maintien de l'ordre face aux lycéens français et accuse Paris d'usage excessif de la force, ignorant ses propres exécutions de masse.

Les mobilisations lycéennes de ces derniers jours dans l'Hexagone ont entraîné des blocages d'établissements et des interventions policières ciblées. Alors que ces heurts suscitent le débat au sein de la classe politique française, un acteur international inattendu s'invite dans la controverse : la République islamique d'Iran.

Téhéran s'érige en donneur de leçons face aux violences scolaires en France

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, est monté au créneau lors d'un point presse officiel relayé par l'agence Fars. Il a sommé les autorités françaises d'enquêter sur les allégations d'usage disproportionné de la force et a exigé de Paris le strict respect des libertés fondamentales face aux élèves en colère.

Cette offensive s'appuie directement sur les récents débordements constatés devant plusieurs lycées de l'Hexagone, marqués par des fermetures administratives préventives, des dégradations et des arrestations ciblées menées par les forces de l'ordre. Le régime théocratique instrumentalise ces images de maintien de l'ordre pour contester la légitimité démocratique des institutions républicaines.

Dans sa rhétorique, la diplomatie iranienne brandit l'accusation d'un "deux poids, deux mesures" occidental. Selon les propos de son porte-parole, les dirigeants français dénoncent les opérations sécuritaires à Téhéran mais "ne font eux-mêmes preuve d'aucune tolérance face au moindre acte de violence contre la police lors de manifestations pacifiques, et répriment les manifestants avec la plus grande sévérité."

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Un contre-feu diplomatique face au miroir d'une répression meurtrière

Cette manœuvre obéit à une tactique d'évitement bien huilée de la part du pouvoir iranien. Téhéran avait déjà utilisé des arguments similaires lors de la crise sociale sur la réforme des retraites ou pendant les émeutes urbaines de l'été 2023, cherchant systématiquement à détourner l'attention des observateurs internationaux.

L'analogie avancée par le régime dissimule pourtant un abîme factuel. En France, les interventions policières s'inscrivent dans un cadre légal strict, sous le contrôle indépendant de la justice et de l'IGPN. À l'inverse, l'Iran applique une terreur institutionnelle généralisée contre toute forme de contestation populaire.

Le sort réservé à la jeunesse iranienne démontre la brutalité du pouvoir des mollahs. Selon les rapports d'Amnesty International et de l'ONU, la répression des soulèvements étudiants a causé des dizaines de milliers d'arrestations arbitraires et plus de 40 000 morts selon les bilans des opposants. Les tribunaux révolutionnaires prononcent quasi quotidiennement des condamnations à la pendaison pour museler les contestataires.

Face à ces crimes documentés dans un rapport de plus de 1 200 pages d'ONG qualifiant ces actes de crimes contre l'humanité, Paris et une trentaine de partenaires maintiennent une ligne ferme. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé l'isolement du régime : "Sept mois après les crimes de masse commis à l'encontre du peuple iranien qui se levait pour réclamer la justice et la dignité, le régime continue de faire couler le sang en multipliant les exécutions. Cette répression insupportable et inhumaine doit cesser."

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