Iran : les ex-otages Cécile Kohler et Jacques Paris enfin libres, en route pour la France

Publié par Sarah Martin
le 07/04/2026
Iran : les ex-otages Cécile Kohler et Jacques Paris enfin libres, en route pour la France
Istock
Cécile Kohler et Jacques Paris ont quitté l’Iran mardi à l’aube, accompagnés de l’ambassadeur de France et sous protection diplomatique, selon l’entourage du ministre des Affaires étrangères. Ils sont désormais en route vers la France, après plus de trois ans de détention dans le pays.

Retenus depuis le 7 mai 2022, les deux enseignants français rentrent finalement au pays après une épreuve indicible. Cette annonce inespérée marque l'aboutissement de longues tractations diplomatiques dans un contexte de vives tensions internationales au Moyen-Orient.

"Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres"

Le message est tombé sur le réseau X ce mardi 7 avril 2026, rédigé par Emmanuel Macron : "Cécile Kohler et Jacques Paris sont libres [...] C'est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles." Selon les informations de l'AFP, le chef de l'Etat a confirmé publiquement que les deux enseignants étaient bel et bien en chemin vers le territoire français.

Leur itinéraire de retour a débuté à l'aube, sous escorte d'un convoi diplomatique quittant Téhéran, d'après les éléments rapportés par Le Parisien. Les ex-otages transitent actuellement par l'Azerbaïdjan avant leur atterrissage prévu sur le sol national d'ici quelques heures. Au téléphone avec Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, ils ont "exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays", rapporte La Croix.

Du côté du comité de soutien et des proches, l'annonce met fin à 1 277 jours d'une attente angoissante. Les familles se préparent à accueillir les rapatriés après près de trois ans et demi d'incertitude permanente.

Quarante-deux mois de diplomatie des otages

L'affaire remonte à leur arrestation en mai 2022 lors d'un voyage touristique. Les autorités iraniennes les accusaient d'espionnage au profit d'Israël et de la France. En octobre 2025, la justice de Téhéran condamnait Cécile Kohler à 20 ans de prison et Jacques Paris à 17 ans de réclusion criminelle. La France avait alors dénoncé, selon Libération, une véritable politique d'otages d'État, allant jusqu'à déposer une requête formelle devant la Cour internationale de justice.

Leurs conditions de détention ont été particulièrement rudes. Ils ont d'abord subi l'isolement cellulaire, assimilé à de la torture blanche, au sein de la tristement célèbre prison d'Evin, dans la section 209. Comme le rappelle Sud Ouest, ce régime sévère s'est assoupli en novembre 2025 lorsqu'ils ont obtenu une assignation à résidence à l'ambassade de France.

Vous avez aimé cet article ?

Emmanuel Macron a tenu à remercier "les autorités omanaises pour leurs efforts de médiation", souligne La Nouvelle Tribune. Ce pays du Golfe agit régulièrement comme un pivot neutre entre Paris et Téhéran, une stratégie qui avait déjà permis la libération de Benjamin Brière, Bernard Phelan et Louis Arnaud.

Un contexte diplomatique sous haute tension

Le rapatriement s'inscrit dans une urgence sécuritaire avérée. L'accélération du processus diplomatique répond directement à l'instabilité régionale croissante. Depuis le début de l'année, les menaces pesant sur les intérêts français au Moyen-Orient se sont multipliées, poussant le Quai d'Orsay à précipiter les tractations.

Paris maintient la pression et continue d'exiger la libération immédiate de tous les otages d'État encore enfermés arbitrairement dans les geôles iraniennes, rapporte Le Parisien.

Google News Voir les commentaires