Héritage : Lisnard veut supprimer les droits de succession entre parents et enfants, ce que ça changerait pour vos enfants
Testé à 6 % des intentions de vote en vue de l'élection présidentielle de 2027, le président du parti Nouvelle Énergie remet la fiscalité patrimoniale sur le devant de la scène. Cette offensive politique relance un débat récurrent dans l'Hexagone, où la transmission des biens demeure l'un des sujets fiscaux les plus sensibles pour les ménages.
David Lisnard propose la fin de l'impôt sur les transmissions familiales
Le candidat de Nouvelle Énergie souhaite abolir l'ensemble des droits de succession entre parents et enfants, sans limite de montant ni distinction de patrimoine. Cette mesure s'inscrit dans un programme d'allègement fiscal d'envergure, visant à restituer aux ménages 60 % des économies réalisées sur la dépense publique pour redonner du pouvoir d'achat.
Dans sa tribune Changer de logiciel fiscal parue le 16 avril 2026, David Lisnard détaille sa feuille de route : « Je propose ainsi la suppression des droits de succession en ligne directe – ce qui règle par ailleurs la transmission des entreprises familiales – donations massivement libéralisées sans délai de rappel fiscal, liberté pleine de choisir ses héritiers, et maintien d'un impôt proportionnel à taux bas en ligne indirecte et collatérale, dont la recette ne pénalise ni le travail ni l'investissement. » Cette proposition marque une volonté de séduire l'électorat de droite et du centre, face aux projets rivaux.
Un bouleversement du barème fiscal et un manque à gagner pour l'État
Actuellement, le régime légal régi par l'article 779 du CGI octroie un abattement personnel de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. Au-delà, s'applique un barème progressif fixé par l'article 777 du CGI, qui s'échelonne de 5 % à 45 %, avec une tranche centrale à 20 % pour les montants compris entre 15 932 € et 552 324 €. Précisons que le conjoint survivant, marié ou pacsé, bénéficie déjà d'une exonération totale depuis la loi TEPA de 2007.
Selon la Cour des comptes, les droits de mutation à titre gratuit rapportent 16,6 milliards d'euros par an à l'État, plaçant la France parmi les pays de l'OCDE où la fiscalité sur l'héritage pèse le plus lourd dans le PIB (0,74 %). Supprimer la part en ligne directe créerait une perte fiscale évaluée entre 10 et 14 milliards d'euros. Si les partisans défendent la préservation du travail d'une vie, les détracteurs pointent une mesure régressive qui risquerait de creuser les inégalités, au moment où 9 000 milliards d'euros doivent changer de mains d'ici 2040 d'après la Fondation Jean-Jaurès.
Ce que vos enfants économiseraient selon la valeur de vos biens
Pour un patrimoine net de 200 000 € transmis à un enfant unique, l'impôt actuel s'élève à 18 194 € après déduction de l'abattement de 100 000 €. Le projet Lisnard ramènerait cette taxe à zéro, générant un gain net direct équivalent pour l'héritier.
Sur un héritage de 400 000 € pour un enfant unique, le fisc prélève aujourd'hui 58 194 € sur la part taxable de 300 000 €. Avec l'exonération totale, l'enfant conserverait l'intégralité du capital sans verser le moindre centime au Trésor public.
Enfin, dans le cadre d'un patrimoine net de 800 000 € composé d'immobilier et de liquidités, les droits actuels atteignent 152 962 €, la succession atteignant la tranche à 30 %. L'application du plan Lisnard réduirait la facture à 0 €, évitant aux familles d'avoir à revendre dans l'urgence des résidences familiales pour régler la note fiscale.
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