Impôts 2026 : couples mariés ou pacsés, ce qui va changer cette année

Publié par Sarah Martin
le 08/04/2026
Impôts 2026 : couples mariés ou pacsés, ce qui va changer cette année
Istock
La campagne de déclaration des revenus 2026 s’ouvre ce jeudi 9 avril. Parmi les nouveautés à retenir cette année, un changement majeur concerne les couples mariés ou pacsés.

Cette nouvelle saison fiscale s'accompagne d'une transformation majeure pour les foyers français. Le rituel printanier de la déclaration intègre désormais les pleins effets de la dernière grande réforme du prélèvement à la source. Une modification d'envergure qui redessine la répartition de l'effort contributif et concerne directement le salaire net de très nombreux ménages.

Une première déclaration avec le taux individualisé

Le coup d'envoi de la déclaration des revenus 2025 est donné le jeudi 9 avril 2026. Cette édition marque une étape inédite, puisqu'elle représente la première campagne complète depuis la généralisation du taux individualisé par défaut, une mesure instaurée le 1er septembre 2025. 

Les contribuables disposent d'un délai s'étalant jusqu'à la fin mai ou au début du mois de juin, selon leur département de résidence, pour valider leurs informations fiscales. Cette période déclarative ne sert pas uniquement à vérifier les chiffres pré-remplis. Elle constitue également le moment opportun pour ajuster ses différentes options de prélèvement. Les décisions prises au printemps permettront une mise à jour des taux dès le mois de septembre 2026, garantissant une adaptation rapide à l'évolution des revenus du ménage.

La fin actée du taux commun par défaut

Historiquement, l'administration fiscale appliquait un pourcentage de prélèvement identique aux deux conjoints d'un même foyer. Les choses ont basculé sous l'impulsion de l'article 21 de la loi de finances pour 2024, qui établit l'individualisation automatique comme nouvelle norme. Selon le ministère de l'Économie, l'intention est de corriger un déséquilibre préjudiciable, avertissant que "l'application d'un taux unique peut conduire le conjoint qui a les revenus les plus faibles à supporter une charge fiscale disproportionnée". 

L'INSEE appuie ce constat social en confirmant que les femmes touchent en moyenne 14,8 % de moins que leurs homologues masculins au sein du secteur privé. Le porte-parole du gouvernement avait d'ailleurs insisté sur cette dimension lors de l'adoption de la loi : "Le taux individualisé est une mesure de justice, notamment pour les femmes, qui sont trop souvent pénalisées par le taux de prélèvement commun au sein du couple". 

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Techniquement, l'État calcule deux pourcentages distincts, assis strictement sur les gains individuels. Les rentrées d'argent partagées, à l'image des revenus fonciers en commun, sont réparties équitablement dans ce calcul. La Direction générale des Finances publiques confirme que "le taux individualisé permet de préserver le salaire net du conjoint qui gagne moins, sans augmenter la charge totale du foyer". Par ailleurs, la confidentialité reste préservée face à l'employeur, qui ignore tout des revenus personnels de l'autre membre du foyer.

Les impacts directs sur le bulletin de salaire

L'effet le plus perceptible se matérialise chaque fin de mois sur le compte bancaire. Le conjoint dont la rémunération est la plus basse profite d'une augmentation de son salaire net à payer. En contrepartie, le partenaire bénéficiant des revenus les plus élevés encaisse une légère baisse de son solde versé. Il est essentiel de retenir le principe de stricte neutralité de cette mesure. "Ce changement ne constitue ni une hausse ni une baisse d'impôt, mais une nouvelle répartition du prélèvement mensuel", précise une note émanant de Bercy. 

Le couple ne paiera donc pas davantage de taxes sur l'année. Toutefois, l'administration laisse aux ménages la liberté de rétablir leur fonctionnement antérieur. Les foyers préférant conserver un taux commun, afin de poursuivre une gestion budgétaire parfaitement mutualisée, conservent un droit d'option inaliénable. Pour l'exercer, il faut procéder à une demande formelle lors de l'actuelle déclaration de revenus, ou se rendre à tout moment dans l'onglet "Gérer mon prélèvement à la source" sur le portail officiel. Ce retour en arrière reste modifiable si la situation personnelle évolue en cours d'année.

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