Xavier Dupont de Ligonnès : Pourquoi un ancien flic de la cybercriminalité ne croit pas à la thèse du suicide

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 25/02/2026
Dupont de Ligones
abacapress
Près de quatorze ans après le drame, l'ancien enquêteur Gilles Galloux révèle que les 47 pseudonymes et le "moissonnage" numérique de Xavier Dupont de Ligonnès contredisent la thèse du suicide au profit d'une fuite organisée.

L'affaire continue de fasciner la France entière et de hanter les services de police. Alors que le mystère plane toujours sur le sort du père de famille soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en avril 2011, un nouveau témoignage relance les spéculations. 

Gilles Galloux, ancien de l'Office central de lutte contre la cybercriminalité (OCLCTIC), apporte un éclairage technique inédit qui remet en cause le scénario macabre de Roquebrune-sur-Argens.

Une expertise inédite de la "vie invisible"

C'est une voix qui pèse dans le dossier. Gilles Galloux, qui a passé plusieurs années à décortiquer le matériel informatique saisi au domicile familial du boulevard Robert-Schuman, sort du silence. Contrairement aux enquêteurs de terrain qui traquaient des traces physiques, cet expert s'est focalisé sur la "vie invisible" de Xavier Dupont de Ligonnès

Son analyse des disques durs révèle une capacité de dissimulation hors norme.

Le chiffre avancé par l'ancien policier donne le vertige : Xavier Dupont de Ligonnès utilisait pas moins de 47 pseudonymes et une vingtaine d'identifiants numériques distincts. Cette architecture complexe démontre, selon l'expert, une maîtrise avancée des outils numériques, bien supérieure à la moyenne des utilisateurs de l'époque. 

Ces éléments dessinent le profil d'un homme habitué à compartimenter son existence et à brouiller les pistes bien avant le drame.

Des "souvenirs numériques" emportés

L'analyse technique fragilise considérablement la thèse du suicide après le dernier signe de vie détecté le 15 avril 2011 dans le Var. Gilles Galloux met en avant un comportement numérique spécifique observé juste avant la tuerie : la collecte méthodique de souvenirs. « Il a fait ce qu'on appelle en informatique du "moissonnage". Il a récupéré l'intégralité de sa vie numérique sur des disques durs externes avant de partir », explique l'expert dans ses récentes interventions médiatiques de février 2025.

Vous avez aimé cet article ?

Pour l'enquêteur, cette action est incompatible avec une volonté d'en finir. « On ne part pas se suicider avec ses albums photos sous le bras », résume-t-il. À cela s'ajoute la "piste du Texas". 

L'expert souligne l'intérêt obsessionnel du suspect pour cette région des États-Unis où il avait séjourné en 1989. Son projet "Route 66" et ses contacts maintenus outre-Atlantique auraient pu constituer la base logistique de sa nouvelle vie. La préparation minutieuse de sa disparition (résiliation des bails, clôture des comptes, lettres de départ) renforce l'idée d'un départ sans retour, mais bel et bien vivant.

Un fugitif actif aux États-Unis ?

Si l'analyse de Gilles Galloux s'avère exacte, la traque change de dimension. Xavier Dupont de Ligonnès ne serait pas un corps introuvable dans une grotte de Roquebrune-sur-Argens, mais un fugitif ayant réussi une "déconnexion totale". Il aurait utilisé ses compétences pour recréer une identité, probablement aux États-Unis, déjouant les systèmes de surveillance.

Ces révélations impactent la perception de l'enquête officielle. Toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt international, le suspect reste recherché par le pôle criminel de Nantes. T

outefois, l'ancien policier avertit le public : si l'homme est en vie, il dispose des clés techniques pour rester indétectable par les moyens classiques. Une performance d'autant plus exceptionnelle que la vie clandestine, sans laisser de traces bancaires ou administratives depuis plus d'une décennie, relève de l'exploit logistique.

Google News Voir les commentaires