Strasbourg : l'ostéopathe accusé de 29 viols condamné à une lourde peine
L'affaire a profondément marqué la région strasbourgeoise et ébranlé la confiance de nombreux patients envers le corps médical. Ce procès hors norme vient de s'achever, laissant dans son sillage le témoignage glaçant de dizaines de femmes venues chercher des soins et reparties meurtries. La justice a tranché avec une fermeté implacable face à un abus d'autorité inacceptable.
Comprendre le verdict historique contre ce prédateur sériel
L'aboutissement de ce procès éprouvant a eu lieu ce mercredi 10 juin 2026. La cour d'assises du Bas-Rhin a choisi de suivre de très près les réquisitions de l'accusation en condamnant Pierre Garitte à 17 ans de réclusion criminelle, dévoile Le Parisien. Une peine sévère qui traduit l'extrême gravité des actes reprochés à ce professionnel de santé.
Le dossier s'appuie sur un nombre de victimes vertigineux. L'accusé a été reconnu coupable de viols et d'agressions sexuelles sur un total de 29 patientes identifiées, toutes constituées parties civiles au procès.
Ces violences se sont déroulées sur une période resserrée, entre 2018 et 2020, toujours selon le même mode opératoire. Le praticien agissait à huis clos, dans le secret de son cabinet situé à Eschau. Il profitait de la vulnérabilité de ses victimes sur la table de massage pour abuser de la confiance inhérente à la relation entre un soignant et son patient.
Décrypter l'emprise manipulatrice et la défense rejetée
Lors des audiences, l'accusation a minutieusement démonté le "système Garitte". Ce fonctionnement dépeint un véritable comportement de prédateur, utilisant son statut pour isoler ses proies. L'emprise thérapeutique explique pourquoi un tel nombre de victimes a pu être atteint avant que l'alerte ne soit enfin donnée : le cadre médical paralyse souvent la parole et sème le doute.
Face à l'évidence, l'ostéopathe a tenté une ligne de défense que les magistrats ont jugée irrecevable. Il a multiplié les justifications hasardeuses, invoquant de simples "maladresses" pendant ses séances comme le rapportent nos confrères. Il est même allé jusqu'à déclarer à la barre : "j'ai dû être nul en anatomie."
La cour a balayé cette idée d'une simple méconnaissance technique. Les juges ont souligné la préméditation et le caractère sériel des crimes. La répétition méthodique des gestes démontre une violation systématique de l'intimité physique, sans aucune justification thérapeutique ni consentement. L'abus de l'autorité conférée par sa fonction constitue une circonstance aggravante lourdement sanctionnée par les articles 222-22 à 222-31 du Code pénal.
Les pratiques hallucinants de Pierre Garitte
Le quotidien régional raconte le mode opératoire systématique du praticien : "L’ostéopathe mettait sa main contre la leur et la dirigeait vers leurs parties intimes. Dans certains cas, il leur glissait, par surprise et sans gants, un ou plusieurs doigts dans le vagin, tout en respirant fort, ce qui a laissé penser à certaines qu’il était excité."
Toujours d'après Le Parisien, faisant déjà l'objet de plaintes, Pierre Garitte "faisait signer à ses patients une « lettre de consentement », dans laquelle ils s’engageaient à lui signaler toute 'gêne ou incompréhension' de leur part."
Lors de l'audience, il s'est défendu en expliquant comprendre avoir occasionné "de la souffrance", tout en décrivant maladroitement ses gestes et oubliant de "questionner leur bien-fondé." En pleurs, le père de deux enfants âgé de 37 ans a déclaré : "Je ne suis pas dangereux, je ne suis pas un violeur" puis "je suis prêt à passer ma vie à réparer les dégâts que j’ai occasionnés en travaillant dur."
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