Sacre du PSG : ivre, un policier braque deux jeunes, il part en prison

Publié par Matthieu Chauvin
le 03/06/2026
Policier
Istock
Photo d'illustration
Le tribunal de Paris a frappé fort ce 2 juin 2026 en condamnant à de la prison ferme un policier ivre ayant braqué des civils lors des violences survenues après la victoire du PSG en finale de Ligue des champions.

La liesse sportive a soudainement basculé dans l'effroi absolu pour deux automobilistes parisiens. Alors que les supporters célébraient massivement la victoire du PSG face à Arsenal, une altercation de la circulation s'est transformée en cauchemar face à un agent des forces de l'ordre totalement hors de contrôle. Ce jugement retentissant ravive immédiatement les tensions autour du port d'arme en dehors des heures de service.

Prison ferme pour Erwan M. après une nuit de terreur

La sentence est tombée sans aucune équivoque le 2 juin 2026. Le tribunal de Paris a condamné Erwan M., gardien de la paix, à 24 mois de prison dont 14 mois ferme, une peine assortie d'un mandat de dépôt immédiat. La justice sanctionne ainsi avec une sévérité assumée une nuit de violences inouïes survenue le samedi précédent, en pleine marge des festivités du match PSG-Arsenal.

L'agent, qui n'était pas en service ce soir-là, présentait un état d'ébriété particulièrement avancé constaté par les premiers enquêteurs dépêchés sur place. Malgré cette intoxication alcoolique massive, il n'a pas hésité à sortir son arme de poing administrative lors d'un banal différend routier. Il a directement braqué deux jeunes automobilistes, Brandon et Redda, accompagnant son geste terrifiant de menaces de mort explicites. Selon les propos poignants rapportés par RMC BFMTV, le traumatisme reste vif pour Brandon, qui a témoigné : "On a cru qu’on allait mourir."

Ivresse, racisme et arme de service au cœur du dérapage

Ce dossier accablant pointe un mépris affligeant du cadre légal encadrant les forces de sécurité intérieure. Conserver son arme hors service impose un devoir de discernement absolu et implique une interdiction stricte de consommer la moindre goutte d'alcool. Conformément au Code de déontologie de la Police nationale et de la Gendarmerie, tout fonctionnaire est tenu de rester digne et exemplaire, même lorsqu'il quitte son uniforme.

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Or, toujours d'après Brandon, le policier a dérapé : "Il a sorti son arme sans se désigner en tant que policier, sans brassard de police. Il a braqué mon ami qui était au volant. Il lui a dit ‘ coupe le contact’, ‘fils de pute’, ‘ne bouge pas ou je te shoot’”, raconte-t-il.

La violence physique de l'agression a été lourdement décuplée par la violence verbale employée par le prévenu. Les magistrats ont formellement retenu les insultes à caractère raciste proférées avec virulence par le policier à l'encontre des deux victimes. Cette circonstance aggravante a fait basculer la balance judiciaire, poussant le tribunal à prononcer une peine qui se veut ouvertement dissuasive contre toute forme d'impunité sous couvert de la fonction publique.

A la barre, Erwan M. s'est défendu maladroitement. Il a prétendu ne se souvenir de rien. "J'étais ivre, j'ai un arabe". Mais Redda, l'autre jeune braqué, le reprend, selon RCM : "Il y a des insultes comme ‘rentrez chez vous’, ‘vous n’êtes pas dans votre pays'." Son ami se félicite de la condamnation : "C’est une très grande victoire. C’est un soulagement pour, je pense, toute la société parce que ces gens-là n’ont rien à faire dehors. Ces gens-là doivent servir les intérêts de la République et là, il est clairement du mauvais côté."

Sanctions de l'IGPN et sécurité des citoyens en question

L'affaire ne s'éteint pas aux seules portes du tribunal correctionnel parisien. Sur le strict volet administratif, l'IGPN a été saisie en urgence dès le dimanche suivant les faits pour enquêter sur un manquement grave aux obligations statutaires. Les investigations de la police des polices suivent leur cours et Erwan M. risque désormais une radiation définitive des cadres, assortie d'une interdiction d'exercer.

Rappelons tout de même que plus de 890 personnes ont été interpellées dans toute la France suite à ces émeutes, et qu'aucune jusqu'ici n'a été condamnée à de la prison ferme malgré des tirs de mortiers et jets de cocktails Molotov visant directement les forces de l'ordre. Et, également, que 178 policiers ont été blessés, dont certains gravement, nécessitant des opérations chirurgicales. Rappelons aussi pour être factuel qu'un mineur de 13 ans aurait perdu un oeil, son globe ayant éclaté. Concernant ce cas dramatique, les investigations sont en cours.

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