Les petites-filles du père de Jérôme Barella témoignent de l'horreur qu'elles ont vécue
Cette décision inattendue du parquet de Béziers relance de manière spectaculaire un dossier classé sans suite depuis plus de six ans. Elle offre un nouvel espoir inespéré pour Maeva, l'une des deux petites-filles par alliance du patriarche, moins pour sa soeur Prescyllia, malheureusement (elles sont le fruit du même père et de mères différentes, Joël Barella était le compagnon de leur grand-mère maternelle).
L'événement judiciaire qui libère la parole des victimes
Le parquet de Béziers a officialisé la reprise des investigations visant Joël Barella le mercredi 10 juin 2026, selon les informations de France Info. Cette affaire, initialement abandonnée par les magistrats en 2020 pour le motif d'une "infraction insuffisamment caractérisée", porte sur des agressions sexuelles et des viols présumés infligés à Maeva durant son enfance. Âgée de 20 ans aujourd'hui, la jeune femme a pris la décision de témoigner à visage découvert sur la chaîne BFM TV.
Elle y décrit une mécanique traumatique glaçante subie dans le huis clos familial : "Il s'est glissé dans le même lit que moi. Il pensait que j'étais endormie, mais je ne l'étais pas." Ou encore "Ma grand-mère était alitée à cause du diabète, c’était surtout Joël qui me gardait (...). Je savais que ce n’était pas normal, mais je l’ai gardé pour moi jusqu’à mes 13 ans, jusqu’au jour où j’ai osé parler à un professeur, qui me parlait de mon échec scolaire. Il a fait un signalement, et plus tard, les gendarmes sont venus m’entendre."
Ce revirement judiciaire s'inscrit dans un climat social et médiatique particulièrement tendu. L'arrestation récente de Jérôme Barella agit comme un puissant catalyseur, forçant la justice française à réexaminer à la loupe les antécédents de tout le cercle familial. La question d'un éventuel placement en détention provisoire de Joël Barella dépendra désormais des conclusions tirées par les enquêteurs suite à ces nouveaux actes d'investigation.
Une clan familial digne de faits divers de triste mémoire
La mère de Maeva, Bérengère Sinègre, confie ses immenses attentes lors de son passage sur BFMTV : "Ce sont des sentiments mélangés. C'est douloureux, parce que ça réouvre beaucoup de blessures, mais c'est aussi un soulagement parce qu'elle se dit qu'elle va pouvoir enfin être entendue et que peut-être que ce coup-ci, on va pouvoir la croire parce qu'elle parlera avec des mots d'adulte et non des mots d'enfant. Elles ont été salies physiquement, elles ont été salies moralement parce qu'elles ont été rejetées par toute la famille",
Toutefois, Bérengère pointe en effet son entourage auprès de nos confrères. "Ils ont tous protégé Joël. Ils les ont traitées de menteuses, ils ont dit qu'elles ne savaient pas quoi inventer pour attirer l'attention [...] Même encore aujourd'hui, leur père (le fils de la compagne de Joël Barella, NDLR) leur a dit que si leur nom de famille sortait dans la presse, il les reniera."
L'hostilité prononcée de l'entourage au moment des faits
Malgré cette avancée significative et libératrice pour Maeva, la situation de sa sœur Prescyllia (13 ans à l'époque, 26 aujourd'hui) démontre l'extrême difficulté de juger des violences sexuelles anciennes. Sa propre plainte, formellement déposée en 2013, s'est soldée par un non-lieu définitif prononcé par les juges en 2021. En l'absence d'éléments matériels totalement inédits permettant de briser l'autorité de la chose jugée, cette procédure reste pour l'heure hermétiquement close.
Cette impasse judiciaire désespère profondément sa mère Sonia, qui s'alarme publiquement auprès des journalistes de France 3 Occitanie: "Ma fille ne sera jamais reconnue comme victime. Elle se demande : 'Pourquoi ma sœur et pas moi ?' Elle a pourtant vécu des choses encore plus dures que Maeva." Les faits se déroulaient pendant les vacances alors que Prescyllia n'avait que 11 ou 12 ans. "Une fois, alors qu'il la gardait dans son camping-car, juste à côté de chez moi, ma fille s'est enfuie en pleine nuit. Elle est rentrée à la maison en pleurs, sans réellement m'expliquer pourquoi."
Sonia, comme Bérangère, confirme l'hostilité de l'entourage familial. "Quand elle a dénoncé les faits, toute la belle-famille s'est retournée contre elle." Prescyllia précise au micro de RTL : "J'étais tellement pas bien. (...) Je faisais des tentatives de suicide."
Joël Barella, âgé de 71 ans, qualifiait sans retenue ses petites-filles de "menteuses" et "d'aguicheuses" pour tenter de se dédouaner, rapporte BFM TV.
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