Insécurité : La Poste suspend ses tournées de courrier dans ce quartier

Publié par Matthieu Chauvin
le 20/04/2026
Facteur
Istock
Après une fusillade par "jambisation" ce week-end, La Poste a décidé de suspendre la distribution du courrier dans plusieurs quartiers de Vénissieux ce lundi 20 avril 2026.

La commune du Rhône traverse une période de forte instabilité liée au trafic de stupéfiants. Face à des violences armées répétées en pleine rue, le service public subit de plein fouet les dommages collatéraux. Cette situation exceptionnelle prive aujourd'hui des centaines de riverains de leurs lettres et colis quotidiens.

Retrait des facteurs après un week-end sanglant

Dès ce lundi 20 avril 2026 au matin, la distribution postale a été totalement interrompue dans les secteurs Joliot-Curie et Joannès-Vallet à Vénissieux. Selon un communiqué officiel publié par La Poste du Rhône, cette mesure exceptionnelle a été prise pour "garantir la sécurité des agents postaux." L'entreprise justifie cette décision en expliquant que "les facteurs et factrices ne peuvent plus exercer leur mission dans des conditions normales" à cause "des incidents pouvant mettre en danger " son personnel.

L'événement déclencheur reste une nouvelle fusillade survenue ce week-end dans la commune. Ces tirs ont éclaté malgré un dispositif sécuritaire renforcé comprenant le déploiement de soixante policiers, dont plusieurs compagnies de CRS mobilisées pour surveiller les points de deal. D'après les détails fournis par le quotidien Le Parisien, le périmètre ciblé par l'arrêt du service paralyse 14 immeubles privés de courrier. Cette zone s'étend des numéros 103 au 127 boulevard Joliot-Curie, ainsi qu'à l'intégralité de la rue Joannès-Vallet.

La jambisation comme arme des narcotrafiquants

Le contexte local vénissian se caractérise par une véritable guerre de territoire. Les observateurs décrivent une lutte acharnée entre les gérants des points de deal historiques, une situation fortement aggravée par les tentatives d'implantation de réseaux criminels extérieurs, à l'instar du gang marseillais de la DZ Mafia. L'agression armée de ce week-end met en lumière une méthode bien spécifique : la "jambisation". Cette pratique criminelle consiste à tirer volontairement dans les membres inférieurs de la cible.

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L'intention des tireurs est d'avertir ou de punir sévèrement une victime sans lui ôter la vie. Face à cette violence urbaine décomplexée et à un environnement de travail devenu hautement instable, les agents postaux ont fait valoir leur droit de retrait. Ce dispositif juridique protège les salariés confrontés à un danger grave et imminent, leur permettant de stopper leur activité professionnelle en toute légalité.

Conséquences pour les habitants et organisation

L'arrêt brutal de ce service de proximité frappe en premier lieu les résidents des quartiers concernés. Sur le réseau social X, le maire de Vénissieux, Idir Boumertit, a fermement dénoncé cette impasse. L'élu, paradoxalement membre de LFI et qui souhaite désarmer la police municipale, pointe du doigt "la double peine pour les habitants concernés : la violence aveugle et l'isolement social." Pour continuer à recevoir leurs correspondances, les riverains doivent s'organiser par eux-mêmes. 

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La Poste informe que le retrait des lettres et colis s'effectue temporairement au bureau principal, localisé au 17 place de la Paix à Vénissieux. La reprise des tournées habituelles reste suspendue à une amélioration du climat sécuritaire. Le retour à la normale se fera grâce à une adaptation quotidienne, en fonction des rapports émis par la police nationale et des retours directs des facteurs sur le terrain. Cette paralysie soulève par ailleurs de vives inquiétudes quant à la continuité d'autres prestations essentielles. Les habitants se demandent désormais si les services de santé à domicile, comme les infirmières ou les médecins de garde, vont également cesser leurs visites. La population attend d'éventuelles mesures supplémentaires de la préfecture pour rétablir la sécurité et l'accès aux services publics.

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