« Est-ce que vous avez vu Lyhanna ? » : la mère d’une amie affirme que le suspect cherchait la jeune fille le soir de sa disparition
Le mystère autour de l'évaporation de Lyhanna Bernard à la sortie du collège Hubert-Reeves franchit un cap sombre. Alors que Jérôme Barella dort en prison, les enquêteurs dissèquent ses moindres faits et gestes le soir du drame.
Un témoignage troublant après une macabre découverte
Le vendredi 29 mai 2026, quelques heures après la disparition de la collégienne, le suspect principal amorce une démarche inattendue. Entre 20h15 et 20h30, Jérôme Barella frappe au domicile d'Audrey, la mère d'une amie proche de la disparue. D'après le récit livré par cette mère de famille et relayé par BFMTV, l'individu se montre particulièrement investi. Il demande explicitement : « Est-ce que vous avez vu Lyhanna ? ». À cet instant précis, l'homme mime une inquiétude somme toute banale. Il donne l'illusion de participer activement à la localisation de l'enfant.
Ce jeudi 4 juin, un tournant majeur s'opère lorsque les gendarmes inspectent une exploitation agricole à Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance. Ils y découvrent le corps sans vie d'un enfant dissimulé dans un silo à grains. Par voie de communiqué, le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, indique que la victime porte des « vêtements similaires à ceux que la mineure enlevée et séquestrée portait au moment de sa disparition ». Cet emplacement n'a rien de fortuit. Les forces de l'ordre soulignent que l'agresseur présumé maîtrisait parfaitement les lieux, fort d'une ancienne expérience professionnelle sur ce même site.
Le profil de prédateur du suspect expose les failles de la justice
Face à ces éléments, les magistrats privilégient la piste d'une odieuse scénarisation. En s'invitant chez les proches de la victime, le quadragénaire de 41 ans tentait vraisemblablement de s'inventer un alibi. Cette stratégie de dissimulation visait à détourner le regard des enquêteurs en jouant le rôle du citoyen préoccupé par la tragédie.
Derrière cette façade d'homme inséré socialement se cache une réalité judiciaire inquiétante. Les investigations révèlent que l'individu faisait l'objet d'au moins cinq signalements antérieurs. Ces plaintes concernent des agressions de nature sexuelle ciblant des mineurs. Le scandale prend de l'ampleur lorsqu'on examine l'historique du dossier. Une plainte spécifique pour viols sur une fillette de dix ans avait été enregistrée en août 2025. Un dysfonctionnement avéré entre les juridictions d'Auch et de Toulouse a empêché toute audition pendant neuf mois, confirme le parquet de Toulouse.
Actuellement poursuivi pour enlèvement et séquestration, Jérôme Barella s'expose à un basculement imminent de la procédure. Dès que les experts légistes auront achevé l'autopsie et certifié l'identité du corps retrouvé dans le silo, les magistrats devraient requalifier les charges en meurtre ou assassinat sur mineur. Les enquêteurs devront également éclaircir la nature exacte des relations entre l'homme mis en cause et la famille de l'adolescente, tout en vérifiant s'il a pu bénéficier de complicités pour dissimuler le corps dans ce vaste complexe agricole.
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