Enquête pour trafic d'enfants sur un célèbre site de seconde main
L'alerte initiale est partie des réseaux sociaux, où des vidéos pointant du doigt des offres particulièrement dérangeantes sur l'application de vêtements de seconde main ont rapidement enflammé la toile. Sur le réseau TikTok, plusieurs de ces séquences ont franchi la barre des 110 000 mentions "J'aime" en l'espace de quelques jours, provoquant une vague de signalements sur la plateforme gouvernementale Pharos ainsi qu'auprès de l'Arcom. Face à la viralité de cette situation et à la gravité des accusations, les autorités judiciaires ont pris le relais pour éclaircir ces soupçons.
La justice saisie face à des annonces glaçantes
Le parquet de Nanterre a officiellement confirmé le 26 juin 2026 l'ouverture d'une enquête préliminaire, selon les informations de l'AFP. Ces investigations, désormais entre les mains de l'Office des mineurs (Ofmin), ont pour but d'analyser la véracité de ces publications douteuses. "L’enquête doit permettre de vérifier si ces signalements correspondent à une réalité criminelle ou à une interprétation erronée de contenus en ligne", a déclaré le parquet de Nanterre.
La polémique repose sur une série d'annonces proposant des articles enfantins classiques, tels que des peluches ou des figurines, mais affichés à des tarifs disproportionnés allant de 12 000 à plus de 30 000 euros. Le journal 20 Minutes rapporte que les descriptions accompagnant ces objets ajoutent au trouble. Les textes mentionnent étrangement des âges précis, comme "7 ans" ou "13 ans", ainsi que des tailles physiques, à l'image de "1,58 m", totalement décorrélés du produit photographié.
L'élément déclencheur reste la publication d'un échange avec un vendeur qui affirmait proposer une petite fille pour 12 000 euros. Réagissant à ces révélations le 25 juin 2026, la Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a sur le réseau X des faits "glaçants" s'ils devaient être prouvés. La législation française est stricte sur ce sujet : l'article 225-4-1 du Code pénal punit la traite des êtres humains de sept années de prison et de 150 000 euros d'amende.
Entre codes criminels et enjeux de modération
Le travail des enquêteurs de l'Ofmin consiste à déterminer si ce vocabulaire atypique constitue un langage codé. Les autorités redoutent que ces annonces dissimulent un canal de communication secret destiné à des réseaux pédocriminels. Ce schéma fait écho aux rumeurs qui avaient frappé le site de vente en ligne Wayfair en 2020. Néanmoins, les échanges écrits directs entre certains vendeurs et des utilisateurs inquiets aggravent ici la suspicion.
Face à la tempête médiatique, l'entreprise lituanienne Vinted a rapidement réagi. Dans un communiqué officiel diffusé le 24 juin 2026, la plateforme assure avoir mené une investigation interne sans découvrir "aucun élément permettant de relier les annonces à des activités de trafic d'enfants." La société privilégie la piste des canulars de mauvais goût, d'erreurs typographiques ou de la vente de pièces de collection rarissimes pour justifier ces prix astronomiques.
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