Enfants abandonnés au Portugal : ils vont être rapatriés en France

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/05/2026
Rapatriement France
Istock
Photo d'illustration
Le tribunal de Setubal a ordonné ce mardi 26 mai 2026 le rapatriement immédiat à Colmar des deux jeunes garçons retrouvés abandonnés au Portugal, ouvrant un nouveau chapitre judiciaire pour ce drame familial.

Les autorités diplomatiques et judiciaires des deux pays ont travaillé de concert pour assurer le retour sécurisé des mineurs sur le sol national. Ce dénouement rapide intervient après plusieurs jours d'une vive incertitude concernant le sort des deux petits garçon de 4 et 5 ans, retrouvés livrés à eux-mêmes et privés de leurs repères habituels. Pendant ce temps, les investigations se poursuivent pour comprendre les agissements du couple mis en cause.

Le tribunal de Setubal impose un retour immédiat à Colmar

Le jugement rendu ce mardi 26 mai 2026 par la justice portugaise marque une étape décisive dans ce dossier transfrontalier complexe. Le tribunal de Setubal a officiellement imposé le rapatriement immédiat des deux mineurs français vers leur ville d'origine en Alsace. Cette ordonnance forte traduit l'aboutissement d'une coopération judiciaire particulièrement intense entre les diplomaties des deux États. 

En s'appuyant scrupuleusement sur le règlement (UE) 2019/1111, également connu sous le nom de "Bruxelles II ter", qui orchestre la résolution des conflits de responsabilité parentale au sein de l'Union européenne, la juridiction lusitanienne a transféré l'entière compétence du dossier vers les autorités de Colmar.

Les services sociaux du département du Haut-Rhin ont été mandatés pour piloter cette transition extrêmement délicate. Les conditions matérielles de ce voyage sous escorte sont très strictes. Les enfants bénéficieront d'un accompagnement médicalisé et d'une prise en charge logistique par des spécialistes de l'enfance dès leur atterrissage en France. Cette procédure millimétrée vise avant tout à amortir le choc du retour et à leur garantir un environnement hautement protecteur.

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Une disparition inquiétante et un abandon inexpliqué

Cette affaire tragique a débuté le 11 mai 2026 par une première alerte donnée dans le Grand Est. Selon le parquet de Colmar, un signalement officiel pour disparition inquiétante a été enregistré, déclenchant de vastes opérations de recherches policières. Le mystère entourant leur sort s'est épaissi chaque jour, jusqu'à la découverte stupéfiante des garçons, retrouvés errants, affamés et désemparés sur le bord d'une route nationale du sud du Portugal, une semaine entière plus tard. Les gendarmes portugais les ont immédiatement mis en sécurité au sein d'une structure locale.

Les enquêteurs portent désormais toute leur attention sur le profil psychologique de la mère, âgée de 41 ans, et de son actuel compagnon, un homme de 55 ans. Leur périple précipité à travers l'Europe et les raisons exactes ayant motivé cet acte d'abandon laissent les autorités perplexes. Actuellement sous les verrous de l'administration pénitentiaire, le couple fait l'objet d'un placement en détention provisoire au Portugal. La justice ibérique a retenu la qualification grave d'"abandon de mineurs", un crime passible de lourdes peines selon la législation locale.

Le placement des enfants et le risque pénal en France

De retour sur leurs terres alsaciennes, le quotidien des deux garçonnets sera entièrement réorganisé par l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Ils intégreront rapidement un foyer d'accueil adapté situé à Colmar. Sur place, des équipes composées de psychologues et d'éducateurs évalueront l'ampleur du traumatisme psychique généré par cette rupture familiale abrupte et organiseront la recherche d'éventuels membres de la famille élargie capables d'obtenir un droit d'hébergement.

Du côté de la procédure visant les adultes, l'appareil d'État français prépare la suite. Le parquet de Colmar étudie sérieusement l'ouverture d'une information judiciaire approfondie, ce qui activera de facto la question d'une procédure d'extradition européenne. S'ils comparaissent un jour devant la justice hexagonale, le couperet s'annonce redoutable. 

Selon l'article 227-1 du Code pénal, le délaissement d'un mineur de quinze ans en un lieu quelconque expose directement ses auteurs à une peine de sept ans d'emprisonnement assortie de 100 000 euros d'amende. En parallèle, les juges aux affaires familiales devront inévitablement statuer sur la déchéance totale de l'autorité parentale de la mère, actant ainsi la séparation définitive.

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