Enfants abandonnés au Portugal : fin de cavale pour la mère au profil inquiétant et son compagnon

Publié par Matthieu Chauvin
le 22/05/2026
Enfant abandonné
Istock
Photo d'illustration
L’arrestation à Fatima de la mère des deux enfants français abandonnés au Portugal ce 21 mai lève le voile sur un scénario macabre impliquant une cruelle mise en scène.

La Garde nationale républicaine portugaise a mis un terme à une fuite de dix jours. Interpellés jeudi soir, la mère de famille et son compagnon devront répondre de leurs actes face à la justice française après la découverte choquante de deux jeunes garçons livrés à eux-mêmes dans une forêt depuis le mardi. Cette affaire vertigineuse soulève de sérieuses interrogations sur l'efficacité des services sociaux, qui semblent avoir perdu la trace de cette cellule familiale.

Le dénouement de Fatima et l’arrestation des fuyards

L’interpellation de Marine, âgée de 41 ans, et de son compagnon de 55 ans s'est déroulée dans la région de Fatima au cours de la soirée du 21 mai. Ce coup de filet clôture une longue traque amorcée par un premier signalement pour disparition inquiétante. Déposée initialement à Colmar, dans le département du Haut-Rhin, la plainte a déclenché des recherches intensives. Les enquêteurs ont réussi à localiser le véhicule du couple lors de sa traversée expéditive de l'Espagne.

La veille de cette arrestation, le 20 mai, un automobiliste portugais nommé Alexandre Quintas a découvert les petits Zacharie, 4 ans, et Barthélémy, 5 ans, errant seuls. Le témoin raconte à la chaîne CNN Portugal avoir trouvé les enfants dans un état de détresse absolue : "Ils appelaient leur père, effrayés." 

Les autorités diplomatiques françaises ont immédiatement pris en charge les mineurs afin d'assurer leur mise en sécurité. Auparavant, la grand-mère du "sauveur" s'était occupée des garçonnets comme si c'était ses propres petits-enfants, leur préparant des spaghettis et les faisant jouer pour les rassurer. Un geste admirable.

Vous avez aimé cet article ?

Le récit d’un abandon scénarisé sous forme de jeu

Les révélations livrées par les deux jeunes garçons aux enquêteurs glacent le sang. Selon les premières déclarations relayées par CNN Portugal, les enfants décrivent une machination tordue instaurée par les adultes. Leurs parents leur auraient bandé les yeux avant de leur ordonner de chercher un jouet caché au milieu des bois. L'ainé a révélé qu'il avait ensuite vu le couple s'enfuir en voiture. La Dépêche du Midi nous apprend aujourd'hui qu'en plus d'être soupçonnés d'abandon de mineurs, il le sont aussi d'exhibitionnisme.

Facebook

Le profil très inquiétant de la mère, idem pour le compagnon

Le quotidien régional a découvert que "Sur les réseaux sociaux, elle se présente comme une sexologue et formatrice spécialisée dans 'le bien-être émotionnel'. Dans l’une de ses publications, elle explique exercer avec une approche 'humaniste', centrée sur l’accompagnement des personnes "quels que soient les traumatismes".

"Avant de se lancer dans la sexologie en 2022, elle exerçait comme psychomotricienne. Selon les informations figurant sur son LinkedIn, elle a obtenu en 2019 un diplôme universitaire en santé sexuelle et droits humains à l’université Paris-VII Bichat. Quelques années auparavant, elle avait ouvert à Colmar un cabinet 'pluridisciplinaire', où elle proposait des séances de psychomotricité, de relaxation et de soins pour adultes."

"Ces derniers mois, la mère de famille publiait régulièrement des contenus liés à la sexualité des enfants et à l’éducation parentale. En juillet dernier, elle avait notamment diffusé plusieurs vidéos faisant la promotion de formations destinées à aider les parents à aborder les questions de sexualité avec leurs enfants."

D'après les médias portugais, "Marc B., le compagnon de Marine R. et beau-père des deux garçons, serait déjà connu des services de police et de justice à Colmar. L’homme, âgé de 56 ans, souffrirait également de troubles psychiatriques. Leur relation aurait débuté il y a seulement quelques mois."

Les enjeux judiciaires et l'avenir des droits parentaux

Face à ce mode opératoire trouble, le procureur de la République de Colmar, Jean Richert, cherche à identifier le mobile. Le magistrat précise à ActuEpinal.fr que "l'information judiciaire ouverte pour délaissement de mineurs souligne la gravité de la situation." La justice explore les éléments qui ont précipité la famille dans une telle dérive. De son côté, le père biologique des garçons, séparé de la mère, avait déjà donné l'alerte pour dénoncer une soustraction frauduleuse de mineurs, bien avant la découverte de cet abandon.

Le rapatriement de la suspecte du Portugal vers la France s'organise par le biais d'un Mandat d'Arrêt Européen (MAE). Sur le plan pénal, la justice s'appuie sur l'article 227-1 du Code pénal français. Ce texte punit le délaissement d'un mineur mettant en péril sa santé ou sa sécurité. Les peines prévues atteignent sept ans de prison et 100 000 euros d'amende.

Une expertise psychiatrique de la mère s'imposera pour évaluer son niveau de discernement. Les experts devront déterminer si ce passage à l'acte résulte d’un délire pathologique sévère ou d’une décision préméditée et consciente. Les psychiatres évalueront également les probables séquelles psychologiques des deux garçons suite à ce grave traumatisme.

Ces conclusions orienteront l'avenir juridique de la famille. La mère s'expose à une déchéance totale de son autorité parentale. Les enfants pourraient alors faire l'objet d'un placement durable sous la protection de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) ou être confiés à leur père. Les enquêteurs doivent enfin statuer sur le rôle exact du compagnon, afin de déterminer s'il agissait comme co-auteur ou simple complice. En attendant, les deux miraculés ont été placés en famille d'accueil a-t-on appris vendredi matin.

Google News Voir les commentaires