Elle profitait du décès d’une locataire pour continuer à prélever son argent : plus de 80 000 € détournés
L'affaire secoue la commune balnéaire de Dénia, une destination prisée de la province d'Alicante, en Espagne. Une femme comparaît devant la justice ibérique pour avoir orchestré un stratagème financier macabre aux dépens d'une ancienne voisine.
190 prélèvements frauduleux après un décès
La mise en cause, qui officiait alors en tant que présidente d’une communauté de propriétaires, répond de ses actes devant l'Audiencia Provincial d’Alicante. L'accusation d'« escroquerie continue » écrase son dossier judiciaire. Selon les éléments communiqués par le Tribunal Superior de Justicia de la Comunidad Valenciana, l'accusée a exploité la mort d'une résidente pour s'enrichir au fil des années. Dès le décès de la victime, dont elle connaissait la situation familiale selon les enquêteurs, la suspecte a maintenu actifs les ordres de prélèvement bancaire sur le compte de la défunte.
Le mode opératoire a tiré profit du silence et de l'isolement de la propriétaire décédée. Les registres bancaires démontrent que 190 opérations frauduleuses ont passé les barrières de sécurité de la banque entre 2014 et 2019. L'absence d'héritiers directs pour signaler la disparition aux autorités compétentes a favorisé l'installation de la fraude dans la durée. Les sommes ponctionnées mois après mois atteignent un préjudice total fixé à 79 000 euros, un montant colossal souvent arrondi à 80 000 euros par les autorités judiciaires citées par le média espagnol El Debate. Pendant cinq longues années, aucune institution n'a remarqué ces débits réguliers et systématiques, laissant le compte se vider inexorablement.
Un détournement à double profit et des enjeux pénaux
L'enquête financière diligentée par les forces de l'ordre espagnoles a balayé les doutes concernant la destination finale des fonds volés. Les relevés épluchés par la justice documentent un détournement à double profit, organisé de main de maître. Le Tribunal Superior de Justicia de la Comunidad Valenciana précise qu'une part de 10 000 euros a atterri sur le compte personnel de la prévenue. Le reste du butin, soit environ 69 000 euros, a servi à renflouer les caisses de la copropriété. Cette répartition inattendue pose l'épineuse question d'un éventuel remboursement par la communauté des résidents, bénéficiaire par ricochet de l'escroquerie, pour restituer les sommes spoliées.
Face à la gravité des faits, commis en pleine connaissance de cause, la justice locale se montre intransigeante lors des audiences. La procureure de l'Audiencia Provincial d'Alicante a requis une peine de deux ans de prison ferme pour escroquerie continue, rapporte la chaîne de télévision Antena 3. Cette affaire inédite met en lumière une faille systémique majeure de notre société. Elle démontre l'extrême vulnérabilité des comptes bancaires de personnes isolées après leur trépas. Sans signalement officiel du décès à la banque par des proches, les établissements financiers continuent d'honorer les prélèvements de manière automatique.
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