Doubs : Ce quinquagénaire cambriolait des maisons pour une raison très particulière

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 12/05/2026
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L’affaire insolite secoue le petit village de Mancenans dans le Doubs, où un homme de 58 ans a été arrêté après la découverte à son domicile d'une collection de 94 culottes féminines dérobées.

Cette paisible bourgade d'environ 300 habitants, nichée dans le département du Doubs, connaît une agitation inhabituelle depuis la fin du mois d'avril. Les forces de l'ordre ont finalement mis un terme aux agissements d'un cambrioleur très particulier qui sévissait silencieusement dans le secteur. Une enquête de voisinage et des preuves numériques ont permis de lever le voile sur un butin intime totalement insoupçonné.

Le flagrant délit et la découverte d'une collection clandestine

Le mercredi 29 avril 2026, l'affaire débute lorsqu'une habitante de la commune de Mancenans surprend un individu essayant de forcer la serrure de sa porte d'entrée en plein milieu de l'après-midi. Gardant son sang-froid, la victime a le bon réflexe de filmer discrètement l'effraction avec son téléphone portable. 

Ces images permettent aux gendarmes d'identifier très rapidement le suspect. Les forces de l'ordre procèdent immédiatement à l'interpellation de cet homme âgé de 58 ans à son domicile familial. C'est lors de la perquisition de sa chambre que les militaires font une découverte stupéfiante : une véritable collection clandestine composée de 94 sous-vêtements féminins. 

Ce stock intime rassemble des pièces "de toutes les couleurs, de toutes les tailles", détaille Jérémy Lhadi, le substitut du procureur de la République à Montbéliard. Placé en garde à vue et confronté aux preuves, le quinquagénaire passe rapidement aux aveux. Il reconnaît s'être déjà introduit chez la plaignante deux jours auparavant pour dérober de la lingerie.

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Un profil atypique sans antécédents violents

Les investigations dressent le portrait d'un homme solitaire. Le suspect, un célibataire sans emploi, réside toujours au domicile de ses parents. Dans ce petit village, les riverains le décrivent volontiers comme un individu "un peu bizarre". S'il était souvent aperçu en train de rôder dans les ruelles, le voisinage ne signalait aucune agressivité de sa part. 

L'analyse du parquet de Montbéliard confirme cette absence de dangerosité physique. "Il est apparemment un peu fétichiste des culottes de femmes, mais son profil n'est pas préoccupant", souligne le magistrat Jérémy Lhadi. Le substitut rappelle avec insistance que l'individu n'est absolument pas connu des services de police pour des faits de violence ou des atteintes sexuelles. 

Lors de son audition par les gendarmes, le mis en cause peine d'ailleurs à expliquer la motivation profonde de son comportement compulsif. Le mobile reste donc flou, le suspect se contentant de déclarer sur procès-verbal : "J'ai fait une connerie, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça".

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Conséquences judiciaires et démarches pour les victimes

L'absence totale de casier judiciaire et la nature spécifique des délits commis ont orienté la réponse pénale. La justice décide d'éviter le procès pénal classique et opte pour une mesure alternative sous la forme d'une composition pénale. Le voleur de lingerie se voit condamné à suivre un stage de citoyenneté afin de prendre conscience de la gravité de ses intrusions. 

De plus, il devra obligatoirement indemniser la plaignante principale pour les dégradations matérielles causées à sa porte d'entrée. Pendant que le volet judiciaire se referme, l'aspect logistique bat son plein. La gendarmerie de l'Isle-sur-le-Doubs publie un appel à témoins officiel pour retrouver les propriétaires des effets saisis. 

Pour l'heure, selon les autorités, seules deux habitantes ont formellement reconnu leurs sous-vêtements sur les planches photographiques présentées par les enquêteurs. Les femmes de Mancenans et des communes environnantes du Pays de Clerval, ayant constaté la disparition inexpliquée de leur linge intime, sont vivement invitées à se manifester. Elles peuvent joindre directement la brigade locale au 03 81 92 72 70 pour vérifier si leurs biens figurent dans la saisie massive.

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