Aveux de Cédric Jubillar : les trois incohérences troublantes autour de la voiture de Delphine Aussaguel

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 14/08/2026
Delphine Jubillar
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© Poitout Florian/ABACA
Cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, son mari Cédric est passé aux aveux en juillet 2026. Pourtant, si le suspect reconnaît enfin le féminicide, son récit se heurte aux mystères techniques de la Peugeot 207 familiale. Entre l'absence d'ADN, une étrange buée et un stationnement inhabituel, découvrez pourquoi ces zones d'ombre ont forcé la justice à reporter le procès en appel à 2027.

Après plus de cinq années de dénégations, Cédric Jubillar a reconnu sa responsabilité dans la mort de son épouse Delphine. Ces aveux ont permis aux enquêteurs de retrouver, le 16 juillet 2026, des ossements à Mailhoc, dans le Tarn. Leur analyse génétique a confirmé trois jours plus tard qu’ils appartenaient à l’infirmière disparue.

Cette avancée majeure ne met toutefois pas fin aux investigations. La justice doit maintenant vérifier la cohérence du nouveau récit de Cédric Jubillar, notamment concernant l’utilisation de la Peugeot 207 familiale pendant la nuit du drame.

Cédric Jubillar reconnaît avoir tué son épouse

Le 6 juillet 2026, les avocats de Cédric Jubillar ont révélé l’existence d’une lettre manuscrite dans laquelle leur client reconnaissait sa responsabilité dans la disparition de Delphine. Cette dernière avait quitté toute trace dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines.

Cédric Jubillar avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn. Ayant fait appel, il doit être rejugé et sa condamnation n’est donc pas définitive.

Lors de son audition du 15 juillet, il a livré un récit plus détaillé. Il affirme avoir étranglé Delphine pendant une dispute, avant de placer son corps dans le coffre de la Peugeot 207. Il aurait ensuite laissé la voiture descendre la rue au point mort pour ne pas réveiller les voisins, puis démarré une fois arrivé en contrebas.

Les ossements de Delphine retrouvés à Mailhoc

Les indications fournies par Cédric Jubillar ont conduit les gendarmes jusqu’à un terrain agricole de Mailhoc, situé à une dizaine de kilomètres du domicile familial. Des ossements y ont été découverts le 16 juillet.

Le 19 juillet, les analyses de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale ont établi que ces restes étaient bien ceux de Delphine Aussaguel. Cette identification génétique a confirmé que Cédric Jubillar connaissait l’emplacement du corps.

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Les expertises se poursuivent néanmoins pour tenter de déterminer les circonstances exactes du décès. Après plus de cinq années passées dans la terre et en l’absence d’un squelette complet, les médecins légistes pourraient ne pas parvenir à établir précisément la cause de la mort.

Pourquoi la Peugeot 207 reste au centre des questions

Le récit de Cédric Jubillar redonne une importance particulière à la voiture de Delphine. Plusieurs éléments avaient déjà attiré l’attention pendant l’enquête et lors du premier procès.

L’absence de trace dans le coffre : les analyses réalisées sur le véhicule n’avaient pas révélé de trace biologique permettant de démontrer que le corps de Delphine avait été transporté dans le coffre. Cette absence ne suffit toutefois pas à invalider le récit : une personne ou un corps peut être transporté sans laisser de trace exploitable plusieurs années plus tard.

Le sens du stationnement : le matin de la disparition, la Peugeot était garée dans le sens de la descente. Des témoins avaient décrit ce positionnement comme inhabituel. Ce constat rejoint aujourd’hui le récit d’un départ effectué au point mort, mais il avait été contesté par la défense lors du premier procès.

La condensation sur les vitres : les premières gendarmes arrivées sur place avaient relevé de la buée à l’intérieur du véhicule. Un expert entendu en 2025 avait estimé que cette condensation pouvait traduire une montée récente de la température dans l’habitacle. Il n’avait cependant pas pu déterminer avec certitude si elle provenait d’une personne vivante, d’un corps ou d’une autre source de chaleur.

Ces indices ne prouvent donc pas, pris séparément, que la voiture a servi au transport du corps. Ils devront être confrontés aux aveux, aux constatations effectuées sur le terrain et aux résultats des nouvelles investigations.

Le procès en appel repoussé en 2027

Initialement programmé à partir du 21 septembre 2026, le procès en appel de Cédric Jubillar a été renvoyé au premier semestre 2027.

La cour d’appel de Toulouse justifie cette décision par le temps nécessaire pour accomplir les actes complémentaires, poursuivre les expertises et permettre à toutes les parties d’étudier les nouveaux éléments dans le respect du contradictoire.

L’enjeu juridique sera désormais de déterminer la qualification pénale correspondant aux faits. La défense soutient que Cédric Jubillar n’aurait pas eu l’intention de tuer son épouse et pourrait demander une requalification en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. L’accusation devra, de son côté, déterminer si le nouveau récit est compatible avec les éléments matériels pour maintenir la qualification de meurtre.

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