Affaire Lyhanna : après avoir dénoncé un viol présumé de Jérôme Barella en 2025, la mère de Rosa, 11 ans, engage une action contre l’État
Juste après la tragédie survenue dans la commune de Fleurance, l'affaire s'oriente désormais vers la responsabilité directe des institutions judiciaires françaises. Jérôme Barella, principal suspect, faisait l'objet d'une plainte pour viol déposée par la famille de la jeune Rosa dès l'été 2025 sans jamais être inquiété. Face à un délai d'instruction anormalement long et sans aucune mesure de contrainte prise à l'encontre du mis en cause, les proches de l'autre victime présumée exigent des explications claires concernant cette défaillance.
Une offensive judiciaire visant la responsabilité de l'État et des magistrats
Ce mardi 9 juin 2026 marque un tournant dans la gestion de l'affaire Lyhanna. Maître Pierre Debuisson, l'avocat représentant les intérêts de la mère de la petite Rosa, annonce le dépôt officiel d'une plainte contre l'État français pour "faute lourde" devant le tribunal judiciaire. Cette initiative s'accompagne d'une double action pénale pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger". Ces graves accusations visent nominativement les magistrats ainsi que les enquêteurs ayant géré le dossier de cette fillette de 11 ans entre les mois d'août 2025 et de mai 2026.
"Si la justice avait fait son travail, Lyhanna serait encore en vie"
La mère de Rosa exprime une immense détresse face aux manquements de l'administration. Selon les déclarations transmises par son conseil, elle tient l'inertie des autorités pour unique responsable de l'issue fatale du dossier. Elle affirme avec conviction que "si la justice avait fait son travail, Lyhanna serait encore en vie". Lors d'une prise de parole relayée par le magazine Entrevue en date du 9 juin 2026, maître Pierre Debuisson appuie fermement cette position en dénonçant "une faillite manifeste du service public de la justice".
Dix mois d'errance administrative et de failles dans le traitement du dossier
L'analyse chronologique des événements révèle une période de 10 mois de paralysie totale entre la première plainte déposée par la famille de Rosa, le 22 août 2025 à Plaisance-du-Touch, et l'assassinat tragique de Lyhanna fin mai 2026. Malgré l'audition de l'enfant organisée seulement cinq jours après le dépôt de plainte, assortie d'examens médico-légaux confirmant la réalité de violences sexuelles, le suspect n'a subi aucune audition. Le dossier judiciaire a souffert d'un constant renvoi de responsabilités, transféré successivement du parquet de Toulouse à celui d'Auch. Il finit par échouer à la brigade de gendarmerie de Lectoure en janvier 2026, enlisant ainsi la procédure.
Pendant ces longs mois d'inaction, Jérôme Barella évoluait librement, alors que son profil inquiétait de longue date les forces de l'ordre. La démarche initiée par la mère de Rosa s'appuie solidement sur l'article L.141-1 du Code de l'organisation judiciaire. Ce texte encadre la responsabilité de la puissance publique en cas de fonctionnement défectueux du service de la justice. La plaignante ambitionne de caractériser une défaillance généralisée des services de l'État.
La résonance de ce drame souligne l'urgence de traiter les dizaines de milliers de dossiers de violences sur mineurs actuellement en attente en France.
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