Affaire Epstein : nouvelle mort suspecte, un "recruteur" présumé retrouvé mort à son domicile francilien

Publié par Matthieu Chauvin
le 22/07/2026
Manifestation Epstein
AFP
L'enquête française sur le réseau de Jeffrey Epstein subit un nouveau coup d'arrêt après la découverte du corps de Daniel Siad, retrouvé sans vie le lundi 20 juillet 2026 à Colombes.
 

La justice française se heurte à un nouvel obstacle majeur dans le tentaculaire dossier des violences sexuelles liées au financier américain. Alors que les nombreuses victimes espèrent encore obtenir des réponses, la disparition soudaine des suspects compromet lourdement la perspective d'un éventuel procès pénal en France.

Découverte du corps de Daniel Siad à Colombes

Le lundi 20 juillet 2026, dans la soirée, les forces de l'ordre ont fait une découverte macabre dans le département des Hauts-de-Seine. Le corps de Daniel Siad, âgé de 69 ans, a été retrouvé sans vie à l'intérieur de son pavillon résidentiel situé dans la commune de Colombes. Face à ce décès inattendu impliquant un acteur judiciaire de premier plan, les autorités ont immédiatement sécurisé les lieux.

Le parquet de Nanterre a très vite annoncé l'ouverture officielle d'une enquête pour "recherche des causes de la mort". Selon les informations rapportées par TF1 Info, le ministère public a tenu à préciser que cette démarche "est la procédure habituelle dans ce contexte". Les enquêteurs de la police judiciaire doivent désormais déterminer avec certitude s'il s'agit d'une mort naturelle, d'un acte désespéré ou si l'intervention d'un tiers doit être envisagée. Une crise cardiaque est pour l'instant évoquée.

Afin de dissiper toutes les zones d'ombre entourant cette fin tragique, les magistrats en charge du dossier ont ordonné la réalisation d'une autopsie. Jusqu'à cette date fatidique, le mis en cause contestait d'ailleurs vigoureusement l'ensemble des accusations formulées à son encontre. Par la voix de son conseil, il avait récemment exprimé le souhait d'être entendu rapidement par la justice pour livrer sa propre version des faits.

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Un acteur central de la branche française du réseau Epstein

Le nom du sexagénaire apparaît avec insistance dans les ramifications hexagonales de ce scandale sexuel retentissant il était cité plus de 2 000 fois dans les "Epstein files". La justice française le considérait ouvertement comme une figure majeure du dossier. Proche de l'agent de mannequins Jean-Luc Brunel, il était fortement soupçonné d'avoir endossé un rôle de "rabatteur" auprès de jeunes femmes.

La pression pesant sur ses épaules s'était nettement intensifiée en début d'année. Depuis février 2026, la brigade de répression du banditisme menait une enquête préliminaire le visant pour des faits d'une extrême gravité, qualifiés de "viols" et de "traite d’êtres humains". Cette offensive judiciaire faisait directement suite à la plainte déposée par l'ancien mannequin suédois Ebba P. Karlsson. Selon ses déclarations relayées par l'AFP, elle l'accusait d'avoir participé activement à la logistique du système d'exploitation.

Sur le plan purement pénal, cette mort entraîne une conséquence lourde pour la suite du dossier. Conformément à l'article 6 du Code de procédure pénale, le décès d'un individu provoque automatiquement l'extinction de l'action publique le concernant. Ce dénouement rappelle tragiquement le sort de Jean-Luc Brunel, retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de la Santé en février 2022, et celui du milliardaire américain en 2019. La disparition successive des protagonistes limite drastiquement les espoirs de procès pour les victimes, même si l'investigation peut théoriquement perdurer pour identifier de potentiels complices encore en vie.

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