Affaire de Lucenay : le prédateur aux 34 victimes travaillait pour la télévision
Le paisible village de Lucenay est devenu le théâtre d'une affaire criminelle retentissante. Entre 2020 et 2024, un père de famille insoupçonnable aurait profité de l'amitié de ses fils pour cibler des dizaines de jeunes garçons. Les enquêteurs mettent aujourd'hui au jour un dossier d'une ampleur terrifiante.
La révélation d'une ampleur criminelle exceptionnelle
Le bilan des victimes explose au printemps. Si l'affaire débute par le signalement de trois premières familles, la mise en examen supplétive d'avril 2026 porte le nombre à 34 victimes. Il s'agit de très jeunes garçons, âgés de 2 à 9 ans au moment des faits, rapporte la procureure de Villefranche-sur-Saône.
Le suspect s'appelle Romain G., un homme de 40 ans dont l'image publique vient de voler en éclats. Ce professionnel reconnu du cinéma travaillait sur des tournages comme le film Monsieur le Maire, indique Le Nouveau Détective. Il a surtout participé à 25 épisodes de la série culte Kaamelott en 2007 en tant qu'assistant à la régie, selon Le Progrès.
L'horreur de ces agressions se matérialise par des preuves incontestables. Lors de leurs perquisitions, les gendarmes font une découverte accablante dans l'ordinateur du suspect : ils mettent la main sur 127 vidéos et 197 photos documentant directement les abus sexuels commis sur les mineurs, précise une source proche de l'enquête.
Une prédation dissimulée derrière le prestige et la convivialité
Pour approcher ses cibles, le quadragénaire met en place le piège redoutable de la maison paradis. Il transforme son domicile en véritable parc d'attractions, équipant les lieux d'une piscine, de toboggans et de consoles de jeux vidéo pour attirer les enfants de son village, souligne Le Monde.
L'homme instrumentalise ensuite ses compétences professionnelles. Son statut dans l'audiovisuel rassure naturellement les parents, tandis que son aisance technique lui permet de filmer ses agressions à l'insu de tous. Il ira jusqu'à placer des caméras dissimulées à l'intérieur de simples réveils pour enregistrer les soirées pyjamas de ses victimes, révèle Libération.
Le parcours du prédateur s'interrompt en décembre 2024 à la suite d'une tentative de suicide. Il rédige alors une longue lettre d'aveux, évoquant ses traumatismes d'enfance. Le mis en cause s'y justifie : "Je pense être né comme ça, je n'ai pas choisi d'aimer les garçons… les trop jeunes garçons", dévoile Le Nouveau Détective.
Un village traumatisé et une justice face au défi de la parole
L'insouciance a brutalement quitté cette bourgade, laissant place à un profond traumatisme. La commune vit une situation de suspicion généralisée face à la trahison d'une figure locale respectée. Les autorités déploient rapidement une cellule de soutien psychologique pour encadrer les élèves de l'école primaire.
Sur le plan judiciaire, le suspect reste sous les verrous. Actuellement en détention provisoire, l'ancien technicien a accepté de suivre un protocole de soin, soulignent les autorités. L'instruction s'annonce néanmoins tentaculaire pour qualifier précisément chaque acte. La procureure Laetitia Francart rappelle d'ailleurs selon Actu17 que "tous les mineurs ne sont pas victimes des mêmes infractions."
Ce drame impose une remise en question globale sur les prédateurs de proximité. Les experts de la CIVIISE exhortent les familles à écouter attentivement les signaux faibles émis par les enfants pour prévenir de futures tragédies. L'onde de choc résonne avec force, résumée par les mots d'une habitante au Monde : "Il y a eu Mazan, espérons qu'il n'y aura pas Lucenay."
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