Doliprane et Dafalgan : pourquoi le prix de vos boîtes de paracétamol pourrait augmenter dès le 1er janvier 2027

Publié par Sarah Martin
le 05/11/2026
Doliprane et Dafalgan : pourquoi le prix de vos boîtes de paracétamol pourrait augmenter dès le 1er janvier 2027
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Photo d'illustration
Le prix des boîtes de paracétamol vendues en officine pourrait augmenter dès le 1er janvier 2027 en raison des négociations tarifaires destinées à financer la relocalisation de sa production en France.

Médicament vedette de l'armoire à pharmacie des Français, le paracétamol se retrouve au cœur d'un bras de fer économique. Alors que les tensions d'approvisionnement ont marqué les derniers hivers, les industriels et les autorités sanitaires rediscutent les tarifs pour sécuriser l'approvisionnement national.

Une revalorisation tarifaire sur la table pour le 1er janvier 2027

Des négociations s'ouvrent entre l'État, représenté par le Comité économique des produits de santé (CEPS), et les fabricants pharmaceutiques. La discussion porte sur l'échéance du moratoire qui bloque le tarif fabricant hors taxes à 0,76 euro par boîte depuis 2021. Ce gel des prix expire le 31 décembre 2026, ouvrant la voie à une refonte de la grille tarifaire.

Face aux pouvoirs publics, les laboratoires réclament une hausse minimale de 0,10 euro par boîte. Cette demande fait grincer des dents l'Assurance maladie, alors que le médicament pèse lourd dans les finances publiques : plus de 420 millions de boîtes remboursées par an représentent une charge de 371,6 millions d'euros pour la Sécurité sociale. Les négociations s'annoncent donc particulièrement serrées.

La facture de la souveraineté sanitaire et de la production locale

Cette revalorisation vise à financer le rapatriement de la synthèse chimique de l'antalgique sur le territoire français. Fabriquer le principe actif en Isère, dans la nouvelle usine du groupe Seqens à Roussillon, coûte jusqu'à 60 % plus cher que son importation depuis l'Inde ou la Chine. Ce projet d'indépendance sanitaire bénéficie de 70 millions d'euros d'aides publiques au titre de France 2030, complétés par 50 millions d'euros investis par les industriels.

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Les géants du secteur, Opella (fabricant du Doliprane) et UPSA (Dafalgan, Efferalgan), prévoient leurs premières livraisons tricolores en 2027. La directrice des affaires publiques d'UPSA, Laure Lechertier, rappelle ainsi à Sud Ouest : « Nous demandons que le prix prenne en compte le coût d'un paracétamol fabriqué en France ». Elle ajoute qu'il faut « sortir du paradigme qui consiste à financer les médicaments innovants par la baisse du prix des médicaments matures utilisés par tous ». Même constat chez Ségolène de Marsac, présidente d'Opella France, qui souligne dans Le Monde qu'un refus tarifaire serait « contradictoire avec les objectifs affichés de réindustrialisation et de souveraineté sanitaire ».

Les conséquences au comptoir de votre pharmacie

Actuellement, une boîte standard de paracétamol (8 comprimés de 1 g) s'affiche à un tarif public moyen de 2,18 euros. Ce montant englobe le tarif fabricant, la marge du pharmacien et un honoraire de dispensation fixe de 1,02 euro. Si l'augmentation réclamée de dix centimes hors taxes est validée, elle se répercutera directement sur le prix total affiché sur le ticket de caisse de l'officine.

Sur le plan de votre budget santé, la Sécurité sociale maintient son taux de remboursement à hauteur de 65 % sur prescription médicale. La complémentaire santé prend généralement en charge les 35 % restants, limitant la dépense directe pour la majorité des assurés. Si la hausse reste indolore pour une consommation ponctuelle lors d'un épisode viral, elle augmentera toutefois l'addition globale pour les personnes souffrant d'affections de longue durée ou d'arthrose chronique, grandes consommatrices d'antalgiques au quotidien.

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